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Le sens de l’Hegire

Chaque civilisation a des points de repères, généralement des dates qui ont marquées son histoire. A titre d’exemple, la date de naissance (présumée) du Prophète béni Jésus, début du calendrier chrétien, largement adopté dans le monde. Chez les arabes, c’est « l’année de l’éléphant » qui marqua les esprits des Quraichs de la Mecque, événement relaté dans la Sûrate 105 du Qur’ân. L’Hégire, la fuite des Croyants de la Mecque vers Médine, à la recherche de la vraie vie, celle de l’épanouissement de l’humain pleinement conscient que l’au-delà s’acquiert ici-bas par une vie dévouée à l’adoration d’Allâh.

 

Selon des sources historiques documentées, Abu Mûssâ al-Ach’arî (qu’Allâh l’agrée !) dit un jour au calife ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allâh l’agrée !) : « Les lettres que nous recevons de ta part ne sont pas datées ». ‘Umar rassembla alors les musulmans pour consultation au sujet de l’établissement d’un calendrier. Certains lui suggérèrent la date du début de la prophétie tandis que d’autres proposèrent celle de l’émigration. Umar (qu’Allâh l’agrée !) dit alors : « L’émigration a séparé le vrai du faux ; prenez donc cet évènement comme point de départ du calendrier ». Qu’Allâh soit loué d’avoir inspiré ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allâh l’agrée !) que le noble Messager béni a surnommé « al-Fârûq », celui qui sépare le vrai du faux. Il a également affirmé à son sujet : « jamais tu n’as pris un chemin sans que Satan n’en emprunte un autre ».

 

Le début de l’année 1442 est prévu pour le 20 août 2020. Au contraire d’autres civilisations, le nouvel an musulman n’a jamais fait l’objet de célébrations particulières, du moins au cours des premiers siècles de l’Hégire, les meilleurs selon la tradition authentifiée. Ceci est conforme à l’esprit de l’Islâm qui a fixé le nombre des fêtes religieuses. A cette occasion rappelons que l’émigration a toujours été le chemin emprunté par les Envoyés d’Allâh, les meilleurs des hommes chargés de rappeler à leurs peuples respectifs leur engagement premier, à savoir adorer Allâh sans rien Lui associer. Aussi surprenant que cela puisse paraître ils ont tous été l’objet de raillerie, de calomnie, de persécutions, voire même de tentatives d’attentats. Depuis Nûh (Noé), le premier messager, jusqu’au sceau de la prophétie, Muhammad, en passant par son aïeul Ibrâhîm (Abraham), ses enfants Ismâ îl et Is-hâq (Isak), les descendants de ce dernier, Ya’qûb (Jacob, Israël) et ses fils dont Mûssâ (Moise) et Î’sâ (Jésus). Puisse Dieu bénir tous les prophètes. Faisant fi des commentaires de leurs adversaires et accompagnés surtout par les faibles et les pauvres, les prophètes ont eu à supporter les pires des vexations en attendant le secours divin assuré aux croyants.

 

Les dirigeants, par orgueil souvent, de même que beaucoup des gens du peuple, par ignorance et/ou crainte des premiers, ont préféré la vie éphémère de ce bas monde sans perspectives à l’éternité et la félicité de l’au-delà. La sortie d’Egypte des fils d’Isrâ îl, célébré comme il se doit par les musulmans le jour de Âchûrâ (10 Muharram) illustre bien cette règle établie depuis des millénaires. Avant eux ce furent Nûh (béni soit-il) et l’arche, Ibrâhîm (béni soit-il) vers la Palestine occupée puis l’Egypte, Lût (béni soit-il) etc…Après eux Î’sâ (béni soit-il), venu confirmer au peuple d’Israël la Thora tout en allégeant la loi mosaïque et annoncer l’arrivée prochaine de Ahmad (béni soit-il) chargé de confirmer, corriger et compléter la religion de tous les prophètes et messagers de Dieu.

 

Peu s’en est fallu que le plan des injustes de son peuple ne fonctionne n’eut été la miséricorde du Seigneur qui l’éleva, lui évitant ainsi la potence et la crucifixion. Il reviendra avant la fin des temps, musulman comme il l’a toujours été, porteur du message d’amour d’Allâh pour Ses serviteurs mais aussi de justice envers les créatures. Sa naissance miraculeuse, sans père, ne justifie aucunement d’établir une filiation entre Dieu et lui. Âdam, né sans père ni mère, n’a pas prétendu à un tel statut car quiconque y prétend sera damné. La création des cieux et de la terre n’est-elle pas plus grandiose que celle de l’homme. Gloire à Celui Qui, quand Il veut qu’une chose soit, lui dit « sois » et elle !

 

Après Î’sa, Muhammad (bénis soient-ils, tous les deux) et ses compagnons (que Dieu les agrée tous) contraints de s’exiler à Yathrib, devenue plus tard Madînah (la ville), après avoir cherché refuge à Taif et en Abyssinie, respectivement, abandonnant meubles et immeubles pour la seule cause de l’agrément divin devant laquelle toute autre n’est qu’illusion. Cet évènement est plus connu sous le nom de l’hégire, le début de l’histoire (la plus récente) de l’islam et d’une ère de libération de la domination des hommes et des passions vers la soumission au seigneur des mondes. De cette épreuve Dieu a voulu que Son message se répande dans les quatre coins de la terre, la plupart du temps sans combat car « point de contrainte en matière de religion et la vérité se distingue (aisément) de l’erreur ».

 

Cette émigration a été voulue par Allâh pour éprouver les Envoyés et leurs adeptes ainsi que ceux vers qui ils ont été envoyés et dont ils seront témoins. Avec la clôture de la prophétie elle peut encore prend trois formes qui sont:
– (i) la fuite vers un lieu par crainte pour sa religion,
– (ii) celle de la mauvaise compagnie et
– (iii) l’éloignement des péchés apparents et cachés.

 

Contrairement aux deux premières catégories la dernière forme doit être permanente et soutenue, sans relâches, et ne s’achèvera qu’avec la rencontre du Très-Haut dont l’agrément est conditionné par Son adoration exclusive.

 

Seigneur ! Fais de nous des serviteurs émigrant vers Toi, cheminant avec le cœur de l’adoration d’autrui vers Ton adoration, de la soumission à autrui vers la soumission à Toi Seul!

 

wassalâmu ‘alaykumu wa rahmatullâh!

 

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