De la sortie des ténèbres à la lumière

Louange à Allah, Lui seul, et que la prière et le salut soient sur celui après qui il n’y a plus de prophète. 

Cela dit : Allah, Très-Haut, a dit :
« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait, et J’ai agréé l’islam comme religion pour vous » [al-Mâ’ida : 3].
Il a dit également :
« Certes, la religion auprès d’Allah est l’islam » [Âl ‘Imrân : 19].
Et Il dit encore :
« Et quiconque désire une religion autre que l’islam, cela ne sera jamais accepté de lui, et il fera, dans l’au-delà, partie des perdants » [Âl ‘Imrân : 85]. 

L’islam, c’est : se soumettre à Allah par le tawḥîd, se conformer à Lui par l’obéissance, et se désavouer du polythéisme (shirk) et de ses adeptes. Le shirk était en effet la croyance dominante chez les Arabes avant l’apparition de l’appel de Muhammad . Al-Bukhârî rapporte d’après Abû Rajâ’ al-‘Aṭâridî (qu’Allah lui fasse miséricorde) :
« Nous adorions la pierre ; si nous en trouvions une autre meilleure qu’elle, nous la jetions et prenions la nouvelle. Et si nous ne trouvions pas de pierre, nous rassemblions une poignée de terre, puis nous amenions une brebis, nous la trayions dessus et tournions autour d’elle (en l’adorant). » 

Quant à l’état des nations en général avant la manifestation de sa prédication , le Coran l’a exposé dans de nombreux versets, parmi lesquels la parole du Très-Haut :
« Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter, et ils disent : “Ce sont nos intercesseurs auprès d’Allah.” » [Yûnus : 18].
Et Sa parole, glorifié soit-Il :
« Ceux qui ont pris, en dehors de Lui, des alliés (disent) : “Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah.” » [az-Zumar : 3]. 

Et Sa parole, exalté soit-Il :
« Nous avons certes fait des diables les alliés de ceux qui ne croient pas.
Et lorsqu’ils commettent une turpitude, ils disent : “Nous avons trouvé nos pères agissant ainsi, et Allah nous l’a commandé.” Dis : “Certes, Allah n’ordonne pas la turpitude. Direz-vous contre Allah ce que vous ne savez pas ?” » [al-A‘râf : 27-28], jusqu’à Sa parole, glorifié soit-Il :
« Ils ont pris les diables pour alliés au lieu d’Allah, et ils pensent être bien guidés » [al-A‘râf : 30]. 

Et Il, Très-Haut, a dit :
« Ils ont assigné à Allah une part de ce qu’Il a créé de champs et de bétail, et ils ont dit : “Ceci est pour Allah” – pensent-ils – “et ceci est pour nos associés.” Mais ce qui est pour leurs associés ne parvient pas à Allah, tandis que ce qui est pour Allah parvient à leurs associés. Comme est mauvais ce qu’ils jugent ! » [al-An‘âm : 136]. 

Les versets allant dans ce sens sont nombreux. Les hadiths authentiques du Messager d’Allah , ainsi que ce qu’ont rapporté les biographes du Prophète, les historiens et les auteurs dignes de confiance quant à l’état des nations, montrent clairement que les habitants de la terre avaient alors multiplié les formes de shirk avant sa mission  :
– certains adoraient des idoles et des statues ;
– d’autres adoraient les gens des tombes ;
– d’autres encore adoraient le soleil, la lune et les astres ;
– d’autres adoraient d’autres choses encore. 

Le Messager d’Allah  les appela alors à adorer Allah seul, à délaisser ce sur quoi ils se trouvaient eux et leurs pères, de fausseté. Comme l’a dit Allah, Puissant et Majestueux :
« Dis : “Ô hommes ! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah, à Lui la royauté des cieux et de la terre. Nulle divinité (digne d’adoration) autre que Lui. Il donne la vie et donne la mort. Croyez donc en Allah et en Son Messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Suivez-le afin que vous soyez bien guidés.” » [al-A‘râf : 158]. 

Et Il dit, glorifié soit-Il :
« (Voici) un Livre que Nous avons fait descendre sur toi, afin que tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, par la permission de leur Seigneur, vers le chemin du Tout-Puissant, du Digne de louange » [Ibrâhîm : 1]. 

Et Il dit, exalté soit-Il :
« Ô Prophète ! Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur (de la bonne nouvelle) et avertisseur,
et comme appelant à Allah, par Sa permission, et comme une lampe éclairante » [al-Aḥzâb : 45-46]. 

Et Il dit :
« Il ne leur a été commandé que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, en purs monothéistes (ḥunafâ’) » [al-Bayyinah : 5]. 

Et Il, Très-Haut, dit encore :
« Ô hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété » [al-Baqara : 21]. 

Et Il dit :
« Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui » [al-Isrâ’ : 23], et le verset continue. Les versets dans ce sens sont nombreux. 

Allah, exalté soit-Il, a clairement expliqué, dans de nombreux versets, que ces polythéistes, en dépit de leur shirk et de leur mécréance, reconnaissaient qu’Allah est leur Créateur et leur Pourvoyeur ; ils n’adoraient d’autres que Lui qu’en les prenant pour des intermédiaires entre eux et Allah, comme il a déjà été mentionné dans Sa parole, glorifié soit-Il :
« Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter, et ils disent : “Ce sont nos intercesseurs auprès d’Allah.” » [Yûnus : 18], et dans ce qui va dans le même sens parmi les autres versets. 

Parmi ceux-ci, Sa parole, exalté soit-Il :
« Dis : “Qui vous accorde la subsistance du ciel et de la terre ? Qui détient l’ouïe et la vue ? Qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant ? Et qui administre tout ordre ?” Ils diront : “Allah.” Dis : “Ne Le craignez-vous donc pas ?” » [Yûnus : 31]. 

Et Sa parole, glorifié soit-Il :
« Et si tu leur demandes : “Qui vous a créés ?”, ils diront assurément : “Allah.” Comment donc se laissent-ils détourner (de la vérité) ? » [az-Zukhruf : 78], ainsi que bien d’autres versets explicites dans ce sens. 

La mission de notre maître Muhammad  est donc venue avec la religion de l’islam, religion scellée, non pas pour les Arabes seulement, mais pour l’humanité tout entière. Elle survint à un moment où l’humanité, dans son ensemble, avait un besoin extrême de quelqu’un qui la ferait sortir des ténèbres vers la lumière. 

Cette religion magnifique, qu’est l’islam, repose sur cinq fondements et assises : ce sont ses piliers, comme il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ d’après Ibn ‘Umar (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) que le Prophète  a dit :
« L’islam est bâti sur cinq : l’attestation qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah ; l’accomplissement de la prière ; l’acquittement de la zakât ; le jeûne de Ramadan ; et le pèlerinage à la Maison (sacrée). » 

Les deux attestations constituent le premier et le plus important des piliers de l’islam. Cette parole immense ne se réduit pas à un simple acte de l’organe de la langue, même si, par elle, l’homme devient musulman extérieurement ; il lui incombe d’œuvrer conformément à ce qu’elle implique. Cela englobe le fait de vouer exclusivement l’adoration à Allah seul, de croire qu’Il en est l’unique Digne, et que toute adoration vouée à autre que Lui est vaine. 

Le sens de ces deux attestations implique également l’amour d’Allah, glorifié soit-Il, et l’amour de Son Messager . Cet amour impose d’adorer Allah seul, de Le magnifier, et de suivre la Sunna de Son Prophète, comme Allah, Très-Haut, a dit :
« Dis : “Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.” » [Âl ‘Imrân : 31]. 

De même, parmi ce qu’impliquent ces deux attestations, il y a l’obéissance au Messager d’Allah  dans ce qu’il ordonne. Allah, Très-Haut, dit :
« Ce que le Messager vous donne, prenez-le ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en » [al-Ḥashr : 7]. 

Et il est rapporté dans le hadith unanimement authentique :
« Trois choses, quiconque les possède goûte à la douceur de la foi : qu’Allah et Son Messager soient plus aimés de lui que tout autre… » (et il poursuivit le hadith). 

Et dans sa parole  :
« Aucun d’entre vous ne croit vraiment tant que je ne lui suis pas plus cher que son père, son enfant et l’humanité entière. » 

Quant au deuxième pilier, c’est l’accomplissement de la prière (ṣalât). Elle est le plus important des piliers après les deux attestations, car elle est la colonne vertébrale de la religion et la première chose sur laquelle le serviteur sera interrogé au Jour de la Résurrection parmi ses œuvres. Si elle est saine, il aura réussi et prospéré ; si elle est corrompue, il aura échoué et sera perdu. C’est une adoration qui doit être accomplie à ses temps prescrits, comme Allah, Très-Haut, a dit :
« Certes, la prière est pour les croyants une prescription à des temps déterminés » [an-Nisâ’ : 103]. 

Allah nous a ordonné d’y être assidus, lorsqu’Il dit :
« Soyez assidus à (l’observance de) toutes les prières, et particulièrement la prière médiane, et tenez-vous debout devant Allah avec humilité » [al-Baqara : 238]. 

Allah, glorifié soit-Il, a menacé celui qui se néglige à son sujet et retarde la prière hors de son temps. Il dit :
« Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions ; ils rencontreront bientôt le châtiment (de Ghayy) » [Maryam : 59]. 

Et Il dit :
« Malheur donc à ceux qui prient,
mais qui sont négligents à propos de leur prière » [al-Mâ‘ûn : 4-5]. 

La prière est le signe distinctif qui sépare l’islam de la mécréance et du shirk. Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), qu’il a entendu le Messager d’Allah  dire :
« Entre l’homme et le shirk et la mécréance, il y a l’abandon de la prière. » 

Et dans le hadith de Burayda (qu’Allah l’agrée) :
« Le pacte qui nous distingue d’eux, c’est la prière ; quiconque l’abandonne a commis un acte de mécréance. »
Rapporté par l’imam Ahmad et les auteurs des Sunan avec une chaîne authentique. 

Il est obligatoire d’accomplir la prière en congrégation à la mosquée, en raison du grand mérite qui y est attaché. D’après Ibn ‘Umar (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père), le Messager d’Allah  a dit :
« La prière en groupe est meilleure que la prière de l’individu seul de vingt-sept degrés. »
Unanimement authentique. 

Le Messager d’Allah  a même envisagé de brûler les maisons des hommes qui se dérobent à la prière en congrégation, comme cela est rapporté dans un hadith unanimement authentique. Il a dit encore  :
« Quiconque entend l’appel (à la prière) et ne vient pas (à la mosquée), sa prière n’est pas valable, sauf s’il a une excuse. »
Rapporté par Ibn Mâja, ad-Dâraqutnî, Ibn Ḥibbân et al-Ḥâkim avec une chaîne authentique. Cela montre l’importance majeure de la prière en groupe. 

La perfection de la prière, et la condition de son acceptation auprès d’Allah, Très-Haut, résident dans la présence du cœur et la tranquillité des membres au sein de la prière. Allah, Très-Haut, dit :
« Ont certes réussi les croyants,
ceux qui sont humbles dans leur prière » [al-Mu’minûn : 1-2]. 

Le Prophète  ordonna à celui qui ne se tenait pas sereinement dans sa prière de la reprendre. La prière est une manifestation de l’égalité, de la fraternité, de l’ordre ; elle unifie la direction de tous vers la Ka‘ba, leur qibla. 

Dans la prière, le croyant trouve le repos et la fraîcheur de ses yeux. Le Prophète  a dit :
« La fraîcheur de mes yeux a été placée dans la prière. »
Et lorsqu’une chose le préoccupait, il y avait recours, conformément à la parole d’Allah, Très-Haut :
« Cherchez secours dans la patience et la prière » [al-Baqara : 153]. 

Il disait à Bilâl :
« Ô Bilâl, apporte-nous le repos par elle. »
En effet, lorsque le musulman se tient en prière, il se tient devant son Créateur, glorifié soit-Il ; son cœur se repose, son âme s’apaise, ses membres s’humilient, et son regard se réjouit de son Seigneur et Maître, exalté soit-Il. 

Le troisième pilier est l’acquittement de la zakât. C’est une obligation sociale élevée, qui fait goûter au croyant la noblesse des objectifs de l’islam : compassion, miséricorde, amour et entraide entre les musulmans. Personne n’a à se considérer comme faisant une faveur ou une grâce par ce qu’il donne de son bien : c’est un droit dû, car, en réalité, ce bien est celui d’Allah, dont Il l’a constitué dépositaire. Allah, Très-Haut, dit :
« Donnez-leur une part des biens d’Allah qu’Il vous a accordés » [an-Nûr : 33]. 

Et Il dit :
« Croyez en Allah et en Son Messager, et dépensez de ce dont Il vous a fait les dépositaires. Ceux d’entre vous qui croient et dépensent auront une énorme récompense » [al-Ḥadîd : 7]. 

La zakât est associée à la prière dans de nombreux versets. Et, en raison de son importance, Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq (qu’Allah l’agrée) a combattu certaines tribus arabes qui refusèrent de donner la zakât sur leurs biens. Il dit :
« Par Allah, je combattrai quiconque fera une distinction entre la prière et la zakât. »
Les Compagnons (qu’Allah les agrée) l’approuvèrent unanimement sur cela. 

Allah, glorifié soit-Il, a menacé celui qui se montre avare et refuse de dépenser. Il dit :
« Quant à ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le chemin d’Allah, annonce-leur un châtiment douloureux » [at-Tawba : 34]. 

La zakât est obligatoire pour le musulman lorsque son bien atteint le seuil imposable, quel que soit le type de bien soumis à la zakât, et qu’une année lunaire complète s’écoule sur ce bien. Font exception les céréales et les fruits : la zakât en devient exigible à leur maturité et complète formation, même si une année n’a pas encore passé sur eux. Elle doit être remise à ceux qui y ont droit, tels que mentionnés dans le Coran, dans la sourate at-Tawba. Allah, Très-Haut, dit :
« Les aumônes (obligatoires) ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents, à ceux qui y travaillent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, à l’affranchissement des esclaves, aux endettés, dans le chemin d’Allah, et au voyageur en détresse. C’est là une prescription venant d’Allah » [at-Tawba : 60]. 

Le quatrième pilier est le jeûne de Ramadan. Allah, Très-Haut, dit :
« Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété » [al-Baqara : 183]. 

Par le jeûne, le musulman s’exerce à maîtriser son âme et à la retenir des plaisirs et des passions licites pendant un temps déterminé. Le jeûne comporte des bienfaits physiques, en plus de ses bienfaits spirituels. Il fait ressentir au jeûneur la situation de son frère musulman affamé, qui peut passer des jours sans nourriture ni boisson, comme c’est le cas actuellement pour certains de nos frères en Afrique. 

Le mois de Ramadan est le meilleur des mois ; Allah y a fait descendre le Coran. Il dit, exalté soit-Il :
« Le mois de Ramadan, au cours duquel le Coran a été descendu comme guidée pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement » [al-Baqara : 185]. 

Ce mois contient une nuit meilleure que mille mois. Allah, Très-Haut, dit :
« Nous l’avons certes fait descendre durant la Nuit du Destin.
Et qui te dira ce qu’est la Nuit du Destin ?
La Nuit du Destin est meilleure que mille mois » [al-Qadr : 1-3]. 

Les péchés passés du jeûneur lui sont pardonnés si son jeûne est empreint de foi et d’espérance en la récompense. Il a été authentiquement rapporté d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) que le Messager d’Allah  a dit :
« Quiconque jeûne le mois de Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. Quiconque veille (en prière) les nuits de Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. Et quiconque veille (en prière) la Nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. »
Hadith unanimement authentique. 

Il incombe au jeûneur de préserver son jeûne en s’écartant de la médisance, de la calomnie, du mensonge, de l’écoute des divertissements futiles, et de toutes les choses illicites. Il lui est recommandé de multiplier la récitation du Coran, le rappel d’Allah, les aumônes, et de redoubler d’efforts dans l’adoration, particulièrement durant les dix dernières nuits. 

Quant au cinquième pilier, c’est le pèlerinage à la Maison sacrée (ḥajj). Allah, Très-Haut, dit :
« Et c’est un devoir envers Allah, pour les gens, que le pèlerinage à la Maison, pour quiconque en a la capacité » [Âl ‘Imrân : 97]. 

Le pèlerinage est obligatoire une seule fois dans la vie, de même que la ‘umra. Tous deux sont obligatoires pour le musulman doué de raison, pubère, libre, et qui en a la capacité. Ils sont valables s’ils sont accomplis par un enfant, mais cela ne lui dispense pas de l’obligation lorsqu’il parviendra à l’âge adulte et disposera des moyens. Quant à la femme qui n’a pas de maḥram pour l’accompagner au ḥajj ou à la ‘umra, ces deux obligations tombent à son égard, conformément aux hadiths authentiques rapportés du Messager d’Allah  interdisant à la femme de voyager sans maḥram. 

Le ḥajj est comme un grand congrès islamique : les musulmans s’y rencontrent, venant de toute vallée profonde, des quatre coins du monde, de toutes nationalités, couleurs et langues. Ils portent un même vêtement, se tiennent sur un même lieu (Arafat), accomplissent une même adoration ; il n’y a au milieu d’eux ni distinction entre grand et petit, ni riche ni pauvre, ni noir ni blanc : tous sont égaux. Allah, Très-Haut, dit :
« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux. » [al-Ḥujurât : 13]. 

Le ḥajj agréé (al-ḥajj al-mabrûr) n’a d’autre récompense que le Paradis, comme cela est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), dans un hadith attribué (au Prophète ) :
« Une ‘umra jusqu’à la ‘umra suivante efface les péchés commis entre les deux, et le ḥajj agréé n’a d’autre récompense que le Paradis. » 

Dans un hadith authentique, le Prophète  a dit également :
« Quiconque accomplit le pèlerinage pour Allah, sans rapport intime (avec sa femme) ni perversité, reviendra (pur) comme le jour où sa mère l’a mis au monde. » 

L’islam possède encore d’autres piliers et appuis, qui, bien qu’ils ne soient pas des « piliers » à proprement parler, contribuent à ce qu’il demeure vivant et appliqué dans la réalité des musulmans. Parmi eux : l’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable (al-amr bi-l-ma‘rûf wa-n-nahy ‘ani-l-munkar). Allah, Très-Haut, a décrit cette communauté comme la meilleure communauté suscitée pour les hommes, parce qu’elle ordonne le bien et interdit le mal. Il dit :
« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable, et vous croyez en Allah » [Âl ‘Imrân : 110]. 

Certains pieux prédécesseurs ont dit :
« Que celui qui veut être au nombre des meilleurs de cette communauté accomplisse sa condition : ordonner le bien et interdire le mal. » 

La religion de l’islam est la religion de la fitra, la disposition naturelle, sur laquelle Allah a créé les gens. C’est l’appel même des prophètes et des messagers avant l’islam : chaque prophète appelait son peuple à cette religion pour qu’ils deviennent musulmans. Allah, Très-Haut, dit dans Son Livre majestueux, au sujet du père des prophètes et ami intime d’Allah, Ibrâhîm (‘alayhi-s-salâm) :
« Et qui donc répugnerait à la religion d’Ibrâhîm, sinon celui qui se rabaisse lui-même ? Nous l’avons certes élu en ce monde, et dans l’au-delà il sera parmi les vertueux.
Quand son Seigneur lui dit : “Soumets-toi !”, il dit : “Je me soumets au Seigneur des mondes.”
Et Ibrâhîm recommanda cela à ses fils, de même que Ya‘qûb : “Ô mes fils ! Certes, Allah a choisi pour vous la religion. Ne mourez donc qu’en étant soumis (musulmans).” » [al-Baqara : 130-132]. 

Allah a envoyé Son Prophète Muhammad  avec cette grande religion alors que beaucoup, parmi les gens du Livre et d’autres, étaient tombés dans la confusion, l’ignorance et l’altération de certains enseignements divins, et qu’ils avaient besoin d’un rappel clair et d’un critère ultime. Ils connaissaient pourtant, pour une partie d’entre eux, les descriptions de ce Prophète dans leurs Écritures et étaient appelés à croire en lui, comme Allah, Très-Haut, le dit :
« Ceux à qui Nous avons donné le Livre le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs propres fils » [al-Baqara : 146]. 

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah  a dit :
« Par Celui qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, nul, qu’il soit juif ou chrétien, parmi cette communauté, n’entend parler de moi puis meurt sans avoir cru au message avec lequel j’ai été envoyé, sans qu’il ne fasse partie des gens du Feu. » 

Lorsque notre Prophète Muhammad  se fut établi à Médine, il envoya des messagers aux rois de la terre de son époque pour les appeler à la religion d’Allah, afin de les faire sortir des ténèbres vers la lumière. Rab‘î ibn ‘Âmir (qu’Allah l’agrée) a magnifiquement résumé cette mission en quelques mots, lorsqu’il fut interrogé par Rustum, le chef des Perses, qui lui demanda : « Qui êtes-vous ? » Il répondit :
« Nous sommes un peuple qu’Allah a envoyés, afin de faire sortir qui Il veut d’adorer les serviteurs à l’adoration d’Allah seul, de l’étroitesse de ce bas monde à l’ampleur de ce monde et de l’au-delà, et de l’injustice des croyances à la justice de l’islam. » 

Cette religion scellée est venue pour remettre les choses à leur juste place et orienter les gens dans la bonne direction : celle du tawḥîd d’Allah, de la foi en Ses prophètes et messagers, et de l’appel à ce à quoi ils ont appelé : l’unicité d’Allah et la soumission du visage (de l’homme) à Lui. 

L’islam est venu pour faire triompher la vérité et anéantir le faux ; il se tient au juste milieu, d’une justice parfaite, sans excès ni laxisme. Allah, Très-Haut, dit :
« Et c’est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu, afin que vous soyez témoins contre les gens, et que le Messager soit témoin contre vous » [al-Baqara : 143]. 

Et Il dit, glorifié soit-Il, s’adressant aux gens du Livre pour les mettre en garde contre l’exagération, et du même coup avertissant cette communauté de suivre leur voie :
« Ô gens du Livre ! N’exagérez pas dans votre religion, et ne dites sur Allah que la vérité » [an-Nisâ’ : 171]. 

Al-Bukhârî rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée), que le Prophète  a dit :
« Ne me louez pas comme les chrétiens ont loué le fils de Marie ; je ne suis qu’un serviteur. Dites donc : le serviteur d’Allah et Son Messager. » 

Il est également authentiquement rapporté de lui , d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) :
« Prenez garde à l’exagération en religion, car ceux qui vous ont précédés n’ont péri que par leur exagération en religion. » 

Les mérites de la religion de l’islam sont très nombreux, impossibles à dénombrer. Comment en serait-il autrement, alors qu’il s’agit de la religion d’Allah, Celui qui sait toute chose, qui possède la sagesse parfaite, l’argument irréfutable, le Sage, l’Omniscient, dans tout ce qu’Il décrète et décide, et dans tout ce qu’Il légifère pour Ses serviteurs ? Il n’est aucun bien sans que notre Prophète  n’y ait appelé sa communauté et ne l’y ait orientée, et il n’est aucun mal sans qu’il ne l’en ait mise en garde. 

Comme il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après ‘Abdullâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âṣ (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père), que le Prophète  a dit :
« Allah n’a envoyé aucun prophète sans qu’il ne soit du devoir pour lui de guider sa communauté vers le meilleur de ce qu’il sait pour elle, et de la mettre en garde contre le pire de ce qu’il sait pour elle. » 

Dans le Musnad d’Ahmad, avec une chaîne authentique, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), le Prophète  a dit :
« Je n’ai été envoyé que pour parfaire les nobles caractères. » 

Al-Ḥâfiẓ al-Kharâ’iṭî a rapporté ce hadith avec une bonne chaîne de transmission sous une autre formulation :
« Je n’ai été envoyé que pour parfaire les nobles mœurs. »