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08Oct/20
Communauté, Communautarisme et Séparatisme

Communauté, Communautarisme et Séparatisme

De « commun » certainement dérive « communauté », ce lien qui unit un groupe et définit sa spécificité, le partage de valeurs et/ou de biens matériels ou d’espace dans l’intérêt de tous ses membres. La Oummah, traduite ici par Communauté, est une valeur référentielle de l’islâm maintes fois utilisée dans ses sources, notamment dans le Coran. « Votre Oummah que voici est une communauté unique. Et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc ». « Et Votre Oummah que voici est une communauté unique. Et Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc ». Cette vérité en islâm vient cimenter la communauté des Croyants par l’adoration d’Allâh Seul. D’ailleurs, leur référence historique, Ibrahîm (paix divine sur lui) est appelé aussi Oummah.  Où qu’il soit, l’orant s’adresse à son Seigneur dans sa prière en soulignant son appartenance à cette Oummah, au moins 17 fois par jour. En effet, après la proclamation des louanges et glorification qui lui sont dues en exclusivité, celui qui prie en groupe ou seul s’adresse à son Seigneur : « C’est Toi seul que nous adorons et c’est à Toi seul que nous demandons secours. Guide-nous dans le droit chemin… ».

 

Le communautarisme, concept décrivant une attitude d’individus à vouloir se distinguer des autres en se ghettoïsant, en vivant en cercle clos, est foncièrement impropre à l’islâm pour qui le connaît tant soit peu au travers de ses références. C’est cette religion qui ne connaît pas de frontière de langues, de couleurs, ni de supériorité de races, de sexes, qui reconnaît tous les prophètes. Il est venu redonner du sens à l’humanisme et à la solidarité et casser les liens tribaux et ancestraux, non sans difficultés, pour donner sens à la vie. Tout ceci n’a été et ne pourra se faire qu’au travers de la reconnaissance d’une Oummah (humanité) unique que les gens ont transformé selon leurs passions et intérêts immédiats après l’envoi des Messagers. Les différences d’apparences, nous dit le Coran, ne sont là que pour se distinguer et se reconnaître, non pour en tirer vanité et autosuffisance.

 

Parce que l’homme est social, par nature, les tendances communautaristes ne manqueront pas d’apparaître ; néanmoins cette notion restera antinomique avec l’islâm. En effet, la vision de l’islâm des Prophètes est de faire découvrir Dieu, pour L’aimer, appeler à Lui vouer un culte exclusif pour un présent meilleur et un bonheur futur éternel. Comment remplir une telle mission dans le repli et le rejet de l’autre ? Comment appeler à l’amour en semant la haine ? Il n’est guère étonnant que le repli sur soi soit en progression dans une communauté pointée du doigt et dont les jeunes sont majoritaires sur le marché du travail, souvent en raison de leurs prénoms ou leur faciès et dont les femmes sont souvent la cible de discrimination pour leurs tenues vestimentaires. Plutôt que de rechercher les origines de cette injustice sociale, on camouflera cet échec par l’accusation de séparatisme.

 

Séparatisme renvoie à une tendance, voire une revendication d’un groupe humain, sur la base d’arguments historiques ou/et religieuses, de l’indépendance ou au moins d’une large autonomie qui lui permettrait de gérer des affaires de manière séparée du reste de la société. En France on penserait aux cas de DOM-TOM (départements et territoire d’Outre-mer) ou à certaines régions. Curieusement, ce sont les Musulmans qui sont accusés par certains politiques de séparatisme. Sur quelles bases de telles graves accusations ont été formulées ? A en croire les accusateurs, la multiplication des écoles confessionnelles et de l’enseignement à distance en seraient des indicateurs patents. A supposé même que ce constat soit avéré, il aurait été plus judicieux et plus utile d’en rechercher les causes plutôt que déclarer la guerre aux soi-disant « ennemis de la République ». Pourquoi les mêmes suspicions de séparatisme n’ont-elles pas été formulées pour les autres écoles confessionnelles ? Pourquoi les opposants au « mariage pour tous » et à la « gestation pour autrui » ou à l’enseignement de « la théorie du genre » n’ont-ils pas été taxés de séparatistes ?

 

La laïcité, garante du traitement égalitaire de toutes les religions et de la liberté de pensée, serait menacée par le prétendu « séparatisme islamiste », à en croire ses nouveaux défenseurs, les laïcistes qui la redéfinissent comme l’anti-religion, l’absence de morale religieuse et de Dieu en dehors de la sphère familiale, et encore. Il faudrait sauver les enfants de leurs parents qui risqueraient de les influencer dans leur futur développement intellectuel en leur imposant l’éducation à l’école de la république, et non l’instruction, dès 3 ans.

 

Pour lutter contre le séparatisme « islamique » il faudrait, selon les « protecteurs » de la laïcité et de République, contrôler la formation des imâms et financement des mosquées. La laïcité est pourtant évoquée pour justifier le traitement inégal des cultes pratiqués en France en raison de la loi de 1905 de la séparation de l’état et des cultes. Et pourtant, des conventions ont été signées avec des états pour former les futurs imâms de France et combien de mosquées ont été construites avec des fonds étrangers. Même si aucun lien n’a été établi entre le séparatisme et la direction des mosquées, les premiers concernés, les Musulmans, auraient dû être consultés et aidés dans un tel projet, plutôt que désignés comme responsables et sommés de statuts sous peine de sanctions. Ne méritent-ils pas, comme tout citoyen, d’être aidé et accompagné par les structures étatiques, en lieu et place de mesures coercitives, comme ils ne comprendraient que cela ?

 

A tous les apprentis sorciers qui jouent avec le feu pour arriver à leurs desseins, aux porteurs de haine, nous disons que celle-ci n’a apporté que malheur, et il ne saurait en être autrement.

 

Qu’Allâh nous vienne en aide en nous assistant contre les maux de nos âmes et les conséquences de nos péchés !

 

10Sep/20

« Séparatisme », « Communautarisme » : de quoi parle-t-on ?

On aurait aimé croire que « plus rien ne sera pareil », phrase solennelle prononcée pendant la première crise du COVID-19. Tout porte à croire que cela ne concerne pas nombre de politiques ni leur bouc-émissaire préférée, la communauté musulmane.

 

Faute de sujet d’actualité brûlante et/ou en prévision d’échéances électoralistes incertaines, il fallait retrouver un sujet mobilisateur et, à défaut, en créer. C’est donc autour du « séparatisme » et du « communautarisme » supposé « islamiste » que les débats se sont tièdement enflammés ces derniers jours, et pour cause.

 

A moins de données ultraconfidentielles, on ne s’attendait pas vraiment à une sécession d’une partie de la France malgré les revendications d’autonomie et des velléités d’indépendance connues de certains nationalistes aujourd’hui banalisés.

 

Qu’à cela ne tienne. On cherchera des arguments, sans preuves statistiques et évoquera des faits divers dont le plus ridicule est sans doute le « certificat de virginité » qui serait exigé pour des mariages chez les musulmans. Depuis quand une telle question a-t-elle été évoquée dans le droit musulman ? Il ne fait heureusement ni partie des conditions de mariage ni n’a jamais été exigé par une mosquée dans le monde, à notre connaissance.

 

Quant à l’enseignement de la langue arabe, la demande est si forte de la part de la communauté musulmane que des pays et quelques associations, certainement très bien connues des « services », ont pu chercher à exploiter ce filon à des fins autres. Mais peut-on parler de « communautarisme » pour une langue internationale qui est le véhicule de la révélation de la communauté et dont la maîtrise est indispensable pour maitriser le sujet ? A défaut de mieux et sans subvention aucune, les mosquées croulent sous la demande d’enseignement de l’arabe dans le but précité et n’ont ni l’intention ni les moyens d’endoctriner qui que ce soit.

 

La Coordination Musulmane de l’Agglomération Toulousaine tient donc à remettre ce faux-débat à la place qu’il mérite et invite les Musulmans à ne pas céder à la provocation volontaire, répétitive et au but électoraliste évident.

 

A la place de telles niaiseries, il est urgent d’informer sur l’islam et les problèmes réels rencontrés par une partie de la communauté française qui ne revendique ni « communautarisme » ni « séparatisme » mais simplement liberté de conscience, équité de traitement, respect, considération et paix dans un esprit fraternel et de concorde nationale.

 

La Coordination Musulmane de l’Agglomération Toulousaine

 

A Toulouse le 10 septembre 2020

27Août/20

Le jour de Achûrâ

Assalâmu ‘alaikumu wa rahmatullâhi wa barakâtuh!

 

Samedi 29 août 2020, correspondant au 10 Muharram 1442, est un jour important pour les musulmans du monde entier. Il commémore le secours divin du prophète Mûssa (Moise) et des enfants d’Isrâ-îl (Ya’qûb, Jacob), événement plus connu sous le nom de « la sortie d’Egypte ». Le pharaon de l’époque était un homme orgueilleux et, à l’instar de ses semblables, il sema le désordre sur la terre et s’est fait adoré. D’ailleurs il s’est pris pour Allâh, en s’accordant le droit de vie et de mort sur ses « sujets ». C’est contre une telle servitude que Le Seul véritable Seigneur a envoyé Mûssâ et son frère Hârûn (Aaron) (bénis soient-ils tous deux) au Pharaon de leur époque et lui rappeler son statut de simple humain qui devra retourner un jour à son seigneur et Lui rendre des comptes.

 

Le salut de Pharaon résidait dans son acceptation de la qualité de messager d’Allâh pour Mussa et la délivrance des fils d’Isrâ-îl. En effet, non content de les persécuter, Pharaon condamnait à mort tout nouveau-né de sexe masculin descendant d’Isrâ-îl. Malgré les preuves évidentes de la prophétie apportées par Mûssâ de la part de son seigneur à Pharaon, ce dernier ne renonça ni au génocide ni à ses prétentions. Allâh, l’Omniscient, révéla à Mûssâ (béni soit-il) de fuir l’Egypte en émigrant avec son peuple vers la Palestine, une terre qu’Il a bénie, aujourd’hui le théâtre de massacres et d’injustice innommables. Ils partirent de nuit, chargés, la peur au ventre et, pour la plupart, peu confiants quant à l’issue du voyage. Face à l’obstacle physique et apparemment insurmontable de la mer, Allâh, l’Omnipotent, révéla à Mûssâ (béni soit-il) de frapper avec son bâton la mer qui se fendit pour laisser passer les fuyards, miracle parmi les miracles.

 

Les fils d’Isrâ-îl allaient néanmoins être poursuivis et presque rattrapés par Pharaon et son armée; mais c’était sans compter sur l’assistance divine dont Il a assuré les Croyants en général, et les Messagers (bénis soient-ils) en particulier. Invoqué par Son serviteur vertueux, Mûssâ, Celui Qui répond à l’appel, notamment de celui de tout opprimé, ordonna à la mer, une de Ses créatures parmi d’autres, d’engloutir les poursuivants, ce qu’elle fit car ne pouvant pas désobéir à son Seigneur et Maître. A cet instant, Pharaon attesta de l’exclusivité de la divinité véritable à Allâh, mais c’était trop tard. Allâh a promis, et Sa Promesse est vraie, de sauver le corps de Pharaon pour en faire un signe pour les gens qui suivront, mais lui a promis le plus dur châtiment qu’il a certainement commencé à goûter.

 

Cet événement eut lieu le 10 Muharram, et est connu dans l’histoire musulmane comme le jour de Âchurâ. Mûssâ (béni soit-il) jeûna ce jour, en signe de reconnaissance de ce bienfait d’Allâh, ainsi que les croyants ; informé à son arrivée à Médine de la raison pour laquelle les juifs jeûnaient un jour, le prophète Muhammad (béni soit-il) a dit (en substance) « Nous avons plus le droit de nous réclamer de Mûssâ que vous », sous-entendant par là que, comme lui, nous suivons la même religion, l’Islâm, et sommes fidèles au message dont il fut le porteur, celui de l’Eternel. Le Prophète (béni soit-il) a jeûné ce jour et ordonné aux musulmans de faire de même.

 

Après la révélation de l’obligation du jeûne du mois de Ramadhân pour celui qui en avait la capacité, en l’an II de l’hégire, continua à jeûner ce jour mais a aboli l’obligation du jeûne du jour de Âchurâ pour les musulmans, tout en l’encourageant. Le jeûne de ce jour, nous a informé le Prophète béni, est récompensé par le pardon des péchés (véniels) d’une année. En l’an IX de l’hégire, il arriva que le calendrier juif coïncida avec le celui des musulmans et les deux communautés jeûnèrent le même jour. Le Prophète dit alors (en substance) « si Allâh me fait voir l’année prochaine, je jeûnerai aussi le 9 (Muharram) », ceci pour distinguer les actes d’adoration des deux communautés. Dans une version du dire prophétique on trouve « …. je jeûnerai aussi le 11 (Muharram) » et dans une autre « …. je jeûnerai aussi les 9 et 11 (Muharram) ».

 

Allâh, Le vivant Qui ne meurt pas, a décidé de rappeler Son Messager et serviteur Muhammad, en Rabîa-al-ûlâ, selon les meilleures sources historiques, satisfait de lui. Qu’Allâh bénisse et honore ce noble Prophète dans ce monde et dans l’autre, ainsi que (les membres pieux de) sa famille et ses compagnons ! Le mois d’Allâh Muharram étant le meilleur mois du jeûne, après celui du Ramadhân, et au vu de la récompense du jeûne (qui n’a pas d’équivalent), jeûner ces jours ainsi que d’autres jours de ce mois serait plus qu’indiqué. Ce jeûne est donc une adoration et une confirmation de la reconnaissance et l’attachement des musulmans à tous les Messagers et de l’unicité du message divin, l’islam.

 

Wassalâmu ‘alaikumu wa rahmatullâh!

30Juil/20

La prière de l’Aid-ul-Adha 1441 au sein de Votre Mosquée !

Assalamu alaikumu wa rahmatullahi wa barakatuh

Al hamdulillah Qui nous a comblé de Ses bienfaits, en faisant de nous des Musulmans, et accordé Sa satisfaction à ceux qu’il a rendu satisfaits de Lui comme seigneur.

 

La mosquée du Mirail vous invite à célébrer l’Aid-ul-Adha, la plus grande des deux fêtes légiférées, le vendredi 31 juillet dans ses locaux provisoires du 126 route de Seysses, dans les circonstances particulières de crise sanitaire et des mesures qui l’accompagnent.

 

Le début de la prière est fixé à 7h30. Elle sera suivie du prône traditionnel en cette occasion, insha’Allah.

 

Malgré nos efforts, aucun stade pouvant contenir des milliers de Musulmans impatients de célébrer cette fête du sacrifice n’a été obtenu. Ce faisant, nous nous contenterons de l’espace restreint et peu confortable dont nous disposons pour vous accueillir, avec l’aide d’Allah puis celle des sœurs et frères qui ont répondu massivement et avec enthousiasme à la demande de l’aide bénévole lancée à la mosquée et sur la page Facebook. Qu’Allah les en récompense.

 

Nous ne bouderons pas notre plaisir et invitons les familles, femmes et enfants compris, sans qui cette fête n’aura pas le même goût, à participer à cette fête. Nous renouvelons l’appel à la plus grande prudence et le respect strict de règles sanitaires. Pour ce faire donc :

Une disciple extrêmement stricte devra être observée, tant au niveau des règles sanitaires qu’à celui du respect des autres. En particulier :

  • La distanciation sociale et la discipline à l’entrée comme à la sortie du lieu de prière sont obligatoires.
  • Le port du masque ainsi que l’utilisation du gel hydroalcoolique seront exigées.
  • Le tapis de prière deviendra une nécessité puisque la plupart des personnes devront prier à même le sol.
  • Les accolades et autres contacts physiques sont prohibés, car dangereux pour la santé. Pensez donc à protéger les autres si vous vous croyez immunisés.

 

Faute de places, le parking de la Mosquée sera fermé aux voitures. Merci tout de même de vous garer aux emplacements prévus à cet effet dans l’espace public.

 

Votre vigilance et votre collaboration sont plus que jamais de mise afin de nous protéger mutuellement.

 

Nous vous remercions notamment d’être à l’écoute des consignes prodiguées par les bénévoles de votre mosquée présents pour vous servir et de respecter scrupuleusement les règles de protection en vigueur.

 

En attendant de vous accueillir avec les moyens de bord, nous implorons l’assistance divine et vous souhaitons, ainsi qu’à vos familles, de profiter de ce jour béni de ´Arafat et de ces journées de fêtes de l’Aid.

 

Deux fêtes en un, Le Miséricordieux par essence et par excellence accordé une dispense de la prière du vendredi quand celle-ci coïncide avec l’Aid. Qui veut célébrera les deux, à son avantage.

 

Qu’Allah le très haut nous assiste et nous guide dans son adoration !

 

Wassalamu alaikumu wa rahmatullah