Le mariage en Islam : protection, miséricorde et édification de la vie 

L’être humain a été établi comme dépositaire sur cette terre : pour la réformer, la faire prospérer et y adorer Allāh. Allāh a placé la félicité du serviteur dans l’obéissance, et sa misère dans la désobéissance. Il dit تعالى : 

﴿ وَمَنْ يُطِعِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَيَخْشَ اللَّهَ وَيَتَّقْهِ فَأُولَئِكَ هُمُ الْفَائِزُونَ ﴾ (النور: 52)
« Quiconque obéit à Allāh et à Son Messager, craint Allāh et Le révère avec piété, ceux-là sont les véritables victorieux. » 

Et Il dit عز وجل : 

﴿ وَمَنْ يَعْصِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَيَتَعَدَّ حُدُودَهُ يُدْخِلْهُ نَارًا خَالِدًا فِيهَا وَلَهُ عَذَابٌ مُهِينٌ ﴾ (النساء: 14)
« Quiconque désobéit à Allāh et à Son Messager, transgresse Ses limites, Il le fera entrer dans un Feu où il demeurera éternellement, et il aura un châtiment avilissant. » 

Parmi les étapes importantes de l’existence figure l’union à une épouse conformément à la Loi d’Allāh et à la Sunna du Messager d’Allāh , afin que se réalisent entre eux coopération, miséricorde et concorde, que s’entrelacent les intérêts et les bénéfices, que s’accomplisse la jouissance des instincts nobles et constructifs, la poursuite d’objectifs élevés, les acquisitions bénies, et une descendance vertueuse. La vie conjugale est en effet le berceau des générations, la première école du nouveau-né, et l’orientation de la jeunesse vers la droiture, la réforme et l’édification. 

Le père et la mère exercent une influence durable sur leurs enfants. S’ils sont pieux, ils constituent une brique essentielle d’une société saine ; ils sont aussi le foyer de la tendresse, de la miséricorde, de la compassion, de la protection et du bien envers ceux qui grandissent, et ils sont l’origine même des liens de parenté. 

Le mariage appartient à la Sunna des prophètes et des envoyés. Allāh تعالى dit : 

﴿ وَلَقَدْ أَرْسَلْنَا رُسُلا مِنْ قَبْلِكَ وَجَعَلْنَا لَهُمْ أَزْوَاجًا وَذُرِّيَّةً ﴾ (الرعد: 38)
« Nous avons certes envoyé, avant toi, des messagers, et Nous leur avons donné des épouses et une descendance. » 

Et Il dit, au sujet des croyants : 

﴿ وَالَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا ﴾ (الفرقان: 74)
« Et ceux qui disent : “Seigneur ! Accorde-nous, de nos épouses et de nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous des guides pour les pieux.” » 

Allāh تعالى a ordonné le mariage : 

﴿ وَأَنْكِحُوا الأَيَامَى مِنْكُمْ وَالصَّالِحِينَ مِنْ عِبَادِكُمْ وَإِمَائِكُمْ إِنْ يَكُونُوا فُقَرَاءَ يُغْنِهِمُ اللَّهُ مِنْ فَضْلِهِ ﴾ (النور: 32)
« Mariez les célibataires d’entre vous, ainsi que les vertueux parmi vos serviteurs et vos servantes. S’ils sont pauvres, Allāh les enrichira de Sa grâce. » 

Et le Messager d’Allāh  a également ordonné cela. ʿAbd Allāh ibn Masʿūd رضي الله عنه rapporte que le Prophète  a dit :
« Ô jeunesse ! Que celui d’entre vous qui en a la capacité se marie : cela est plus à même de baisser le regard et de préserver la chasteté. Et que celui qui n’en a pas la capacité s’attache au jeûne, car il est pour lui une protection. » (al-Bukhārī et Muslim)
La capacité (al-bāʾa) signifie pouvoir assumer la dot, l’entretien et le logement. 

Et il a dit  :
« Épousez la femme aimante et féconde, car je serai fier de votre nombre devant les prophètes au Jour de la Résurrection. » (Amad ; authentifié par Ibn ibbān, d’après Anas رضي الله عنه) 

Le mariage est ainsi une pureté et une chasteté pour les époux, une rectitude pour la société, et une sauvegarde contre la déviation. Il demeure donc, par la permission d’Allāh, une protection contre les turpitudes, une purification du cœur, une élévation de l’âme, et une cause d’une descendance qui se succède sur terre pour adorer Allāh et la faire prospérer. 

Lorsqu’une personne décide de se marier, il est prescrit de choisir une épouse vertueuse par la religion, les mœurs et la bonne origine, conformément à la parole du Prophète  :
« La femme est épousée pour quatre raisons : pour sa richesse, son rang, sa beauté et sa religion. Choisis donc celle qui a la religion : tu y gagneras. » (al-Bukhārī et Muslim, d’après Abū Hurayra رضي الله عنه) 

Il est également recommandé au tuteur de la jeune fille de s’enquérir de la relation du prétendant avec Allāh et de sa relation avec les serviteurs d’Allāh ; s’il est homme de religion et de caractère, qu’il le marie. Le Prophète  a dit :
« Quand vient à vous quelqu’un dont vous agréez la religion et le comportement, mariez-le. Si vous ne le faites pas, il y aura sur terre discorde et grande corruption. » Ils dirent : « Ô Messager d’Allāh, même s’il a… ? » Il répondit : « Quand vient à vous quelqu’un dont vous agréez la religion et le comportement, mariez-le. » (trois fois) (at-Tirmidhī ; حسن selon al-Albānī) 

Il n’y a pas d’empêchement à ce que l’on propose un homme convenable : ʿUmar رضي الله عنه et d’autres parmi les vertueux l’ont fait. 

Si un prétendant compétent se présente, et que la jeune fille est en état de se marier, le tuteur ne doit pas retarder son mariage : elle est un dépôt dont il répondra au Jour de la Résurrection. Il ne convient pas de repousser un prétendant sous le prétexte que la fille poursuit ses études, puisqu’elle peut les poursuivre après le mariage. Il n’est pas permis non plus au tuteur de repousser des prétendants afin de vivre du salaire de sa fille, au point qu’elle se perde par cette avidité et cette exploitation : c’est là une grave atteinte portée à la femme. 

La jeune fille ne doit pas être contrainte d’épouser un prétendant qu’elle refuse ; son agrément est requis. Le Prophète  a dit :
« La femme précédemment mariée ne se marie pas avant d’être consultée, et la vierge ne se marie pas avant d’être sollicitée. » On demanda : « Ô Messager d’Allāh, comment est son consentement ? » Il répondit : « Qu’elle se taise. » (al-Bukhārī et Muslim, d’après Abū Hurayra رضي الله عنه) 

Il est recommandé au prétendant et à la fiancée d’accomplir la prière de consultation (ṣalāt al-istikhāra) et de faire ensuite l’invocation rapportée. 

Il est recommandé également d’être modéré dans la dot, de façon à bénéficier à l’épouse sans accabler l’époux, conformément à la parole du Prophète  :
« La meilleure dot est la plus facile. » (Abū Dāwūd et al-ākim, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir رضي الله عنه ; authentifié par al-Albānī) 

Il revient aux deux époux de préserver le lien conjugal afin qu’il ne se défasse, car il est un pacte solennel. L’époux doit accomplir les droits de la femme : logement et entretien, et il ne prend rien de ses biens — même si elle est riche ou salariée — sauf si elle le veut. Si elle aide son mari, elle en est récompensée. 

L’époux doit aussi être bon envers elle, et ne pas lui nuire, ni nuire à sa famille. Le Prophète  a dit :
« Le meilleur d’entre vous est le meilleur envers sa famille, et je suis le meilleur d’entre vous envers ma famille. » 

De son côté, la femme accomplit les droits du mari, améliore la vie commune, ne lui cause pas de tort, se comporte avec bonté envers ses parents et ses proches, et préserve ses biens et sa maison. Dans un hadith, le Prophète  a dit :
« Si la femme accomplit ses cinq prières, jeûne son mois, préserve sa chasteté et obéit à son mari, elle entrera au Paradis. » (Ṣaī al-Jāmiʿ d’al-Albānī) 

Il convient aux deux époux de cacher ce qui doit l’être de leurs affaires, de réparer les manquements dès leur apparition, de ne pas amplifier les erreurs au-delà de leur taille. Et celui qui commet une faute reconnaît sa faute à l’autre sans arrogance, afin que la discorde ne s’enfle pas au point d’ébranler la stabilité du foyer et d’aboutir au divorce, auquel le diable se réjouit le plus, car il détruit la famille, la disperse, et fait basculer des amis en adversaires, voire en ennemis. 

La patience doit être leur parure : rien ne répare les choses comme la patience et l’invocation. Allāh تعالى dit : 

﴿ وَعَاشِرُوهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ فَإِنْ كَرِهْتُمُوهُنَّ فَعَسَى أَنْ تَكْرَهُوا شَيْئًا وَيَجْعَلَ اللَّهُ فِيهِ خَيْرًا كَثِيرًا ﴾ (النساء: 19)
« Vivez avec elles convenablement. Et si vous éprouvez de l’aversion à leur égard, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose où Allāh a placé un grand bien. » 

Et Abū Hurayra رضي الله عنه rapporte que le Messager d’Allāh  a dit :
« Qu’un croyant ne haïsse pas une croyante : s’il déteste en elle un trait, il en agrée un autre. » (Muslim) 

Ô Allāh, facilite à nos jeunes hommes et à nos jeunes femmes les voies de la chasteté et de la pureté, et protège-les contre les égarements des passions et des tentations.
Ô Allāh, enrichis-nous — ainsi qu’eux — par Ton licite au point de nous dispenser de l’illicite…
« Seigneur ! Accorde-nous, de nos épouses et de nos descendants, la joie des yeux… »
Ô Allāh, réforme nos jeunes et nos anciens, nos hommes et nos femmes ; fais de nous tous des guides bien guidés, ni égarés ni égarants.
Ô Allāh, unis nos cœurs, réconcilie nos dissensions, guide-nous vers les voies de la paix, et écarte de nous les turpitudes et les péchés.