Les règles concernant l’essuyage sur les khuffs (chausson en cuir)
Al-masḥ (l’essuyage) : en langue, signifie faire passer (quelque chose).
En terminologie : faire passer la main mouillée sur ce qu’il est prescrit d’essuyer.
L’imam Aḥmad a dit : « Il y a quarante hadiths à ce sujet rapportés du Prophète ﷺ ». Ibn Mandah les a réunis rapportés par quatre-vingts compagnons du Messager d’Allah ﷺ.
Le jugement de l’essuyage sur les khuffs : il s’agit d’une concession légale (rukhṣa) à pratiquer. Si la personne porte des khuffs, il est préférable de les essuyer plutôt que de les retirer pour laver les pieds, prenant ainsi la concession d’Allah عز وجل, en suivant l’exemple du Prophète ﷺ et en se démarquant des innovateurs. Mais s’il est pieds nus, il est préférable de laver les pieds. Le Prophète ﷺ ne cherchait pas à changer l’état de ses pieds : s’ils étaient dans les khuffs, il essuyait dessus ; s’ils étaient découverts, il les lavait. Il n’est donc pas prescrit de porter les khuffs dans le but de les essuyer, ni de les enlever pour laver les pieds.
Durée de l’essuyage sur les khuffs : pour le résident, un jour et une nuit ; et pour le voyageur, un voyage qui autorise le raccourcissement de la prière, trois jours avec leurs nuits. Selon le hadith rapporté par ʿAlī رضي الله عنه : « Pour le voyageur : trois jours et leurs nuits, et pour le résident : un jour et une nuit » (rapporté par Muslim). Le début de la durée, dans les deux cas, commence à partir du moment où l’on essuie après un état d’impureté.
Conditions de l’essuyage sur les khuffs et ce qui en tient lieu
Il est requis pour l’essuyage sur les khuffs et ce qui les remplace, comme les chaussettes :
- Qu’il les ait enfilés après avoir complété une purification totale à l’eau (wudū’) après un état d’impureté, en raison du hadith dans les deux Ṣaḥīḥs rapporté par al-Mughīrah ibn Shuʿbah que le Prophète ﷺ a dit : « Laisse-les, car je les ai enfilés alors que j’étais en état de pureté. »
- Que le khuff soit utilisable selon la norme reconnue.
- Que cela se fasse dans le délai fixé par la loi islamique.
- Que la matière même du khuff soit pure, ainsi il n’est pas valide d’essuyer sur une peau d’animal mort non tannée.
Il est permis d’essuyer sur le turban (ʿimāma) sous deux conditions :
- Qu’il couvre les parties de la tête que l’usage ne laisse pas normalement découvertes.
- Qu’il ait été mis après une purification complète.
Essuyage sur la jébira (attelle ou pansement)
Il est permis d’essuyer sur la jébira, c’est-à-dire les baguettes, les bandes et autres similaires attachées sur une fracture, ainsi que sur les pansements posés sur une blessure, et également sur le sparadrap posé sur des plaies, conformément à ce qui est rapporté de Ibn ʿUmar رضي الله عنهما.
Tout cela peut être essuyé, à condition que ce soit à la mesure du besoin, c’est-à-dire que cela couvre uniquement la fracture ou la blessure, et les zones proches qu’il est nécessaire de couvrir pour permettre à la jébira d’accomplir sa fonction.
Si cela dépasse ce qui est nécessaire, il doit retirer ce qui est en excès ; s’il craint un dommage en le retirant, il peut essuyer dessus et cela est valable.
Celui qui a une blessure se trouve dans l’un des trois cas suivants :
- Il a une jébira ou un pansement : il essuie dessus.
- Il n’a pas de jébira ni de pansement, et ne craint aucun mal à laver ou essuyer la blessure : alors il lave ou essuie.
- Il n’a pas de jébira ni de pansement, et craindrait un mal à laver ou essuyer : il accomplit le tayammum (ablution sèche) après avoir terminé son wudū’. La continuité (muwālāt) entre l’ablution et le tayammum n’est pas requise.
Il est permis d’essuyer sur la jébira ou ce qui y ressemble que l’état d’impureté soit majeur ou mineur, et il n’y a pas de durée limitée pour l’essuyage dessus, mais on continue à essuyer jusqu’à ce qu’elle soit retirée ou que ce qu’elle couvre soit guéri, car l’essuyage est motivé par la nécessité, et donc limité à cette nécessité.
Zone à essuyer sur ces barrières :
- On essuie le dessus du khuff et de la chaussette.
- On essuie la plus grande partie du turban, en se limitant à ses tours.
- On essuie toute la jébira, le dessus et le dessous, dans la partie concernée par le lavage.
La manière d’essuyer sur les khuffs et ce qui leur est assimilé :
Il pose les doigts de ses mains mouillées sur les orteils, puis les fait glisser vers le haut du pied jusqu’au bas de la jambe.
Il essuie le pied droit avec la main droite, et le pied gauche avec la main gauche.
Il écarte ses doigts au moment de l’essuyage.
Et il ne répète pas l’essuyage.