La description de la prière de l’Aïd

La prière de l’Aïd consiste en deux unités de prière accomplies avant le sermon, selon le consensus des savants, et la Sunna à ce sujet est abondamment établie.

La prière de l’Aïd consiste en deux unités de prière accomplies avant le sermon, selon le consensus des savants, et la Sunna à ce sujet est abondamment établie.

  • Il fait partie de la Sunna que l’imam prie en direction d’un sutra, car le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, lorsqu’il sortait le jour de l’Aïd, ordonnait qu’on apporte une lance que l’on plaçait devant lui, puis il priait en sa direction, tandis que les gens se tenaient derrière lui.
  • Il prononce ensuite la première formule de takbîr, qui est le takbîrat al-ihrâm, comme dans toutes les autres prières. Elle constitue un pilier indispensable, sans lequel la prière n’est pas valable.
  • Puis, après le takbîrat al-ihrâm, il récite à voix basse l’invocation d’ouverture rapportée du Prophète صلى الله عليه وسلم. Cette invocation, au début de la prière, est une Sunna aussi bien pour l’imam que pour celui qui prie derrière lui.
  • L’invocation d’ouverture a été rapportée sous plusieurs variantes qu’il convient de varier, en récitant parfois l’une, parfois l’autre, afin de mettre en pratique la Sunna sous toutes ses formes. S’il n’en connaît qu’une seule et s’y limite, il n’y a aucun mal à cela.
  • Viennent ensuite les takbîrs supplémentaires. Ils relèvent de la Sunna et ne sont pas obligatoires. La prière n’est pas invalidée si on les délaisse, volontairement ou par oubli, sans divergence connue entre les savants.
  • L’avis prépondérant est que leur nombre est de six takbîrs supplémentaires, en dehors du takbîrat al-ihrâm, dans la première unité, puis de cinq takbîrs dans la seconde, en dehors du takbîr du relèvement.
  • L’avis le plus juste est que ces takbîrs prennent place après l’invocation d’ouverture. Ainsi, le fidèle prononce d’abord le takbîrat al-ihrâm, récite ensuite l’invocation d’ouverture, puis les takbîrs supplémentaires, avant de dire la formule de recherche de protection contre Satan et de commencer la récitation. En effet, l’invocation d’ouverture a été instituée pour le commencement même de la prière ; elle vient donc au tout début, suivie des takbîrs, puis de l’isti‘âdha et enfin de la récitation.
  • L’avis le plus juste est qu’aucune évocation ni invocation particulière n’est légiférée entre deux takbîrs, car il n’a pas été rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم qu’il disait quelque chose à ce moment-là. Et s’il avait été établi qu’il disait une formule entre eux, cela aurait été transmis au même titre que le takbîr lui-même.
  • Les savants sont unanimes sur le caractère légiféré du fait de lever les mains lors du premier takbîr, c’est-à-dire le takbîrat al-ihrâm. Quant aux autres takbîrs, l’avis prépondérant est que le fidèle lève les mains à chacun de ces takbîrs supplémentaires.

L’imam doit-il prononcer les takbîrs à voix haute ?

Ce qui est institué pour l’imam, c’est qu’il prononce à voix haute tous les takbîrs. Quant au fidèle derrière lui, il ne les fait entendre qu’à lui-même, comme dans les autres prières.

Que faire si on oublie les takbîrs supplémentaires ?

L’avis prépondérant est que si le fidèle a commencé la récitation en oubliant les takbîrs supplémentaires, il n’y revient pas et n’effectue pas de prosternation de réparation.

Comment rejoindre la prière de l’Aïd en cours ?

Si celui qui prie derrière l’imam le rejoint après que celui-ci a commencé la récitation, il ne prononce pas les takbîrs supplémentaires. Et s’il le rejoint alors qu’il est déjà incliné, il prononce le takbîrat al-ihrâm puis s’incline, sans se préoccuper de rattraper ces takbîrs.

  • Après avoir prononcé les takbîrs supplémentaires, l’imam dit la formule de recherche de protection contre Satan, puis la basmala, car l’isti‘âdha et la basmala avant la récitation relèvent de la Sunna.
  • Ensuite, l’imam récite la sourate al-Fâtiha, puis la sourate al-A‘lâ ou la sourate Qâf.
  • L’imam récite à voix haute dans les deux unités, car le Prophète صلى الله عليه وسلم agissait ainsi dans la prière de l’Aïd. De même, il récitait à voix haute dans toute prière rassemblant les gens, comme la prière du vendredi, la prière de l’éclipse, et celle demandant la pluie. Les savants sont unanimes sur ce point.

La sagesse dans la récitation de ces deux sourates tient à ce que la sourate al-A‘lâ contient une exhortation à la prière et à la zakât al-fitr ; c’est pourquoi elle a reçu un mérite particulier, à l’image de la sourate spécifique du vendredi.

Quant à al-Ghâshiya, elle est récitée en lien avec al-A‘lâ, tout comme la sourate du vendredi est suivie de celle des hypocrites. Il convient à l’imam, pour faire revivre la Sunna et la rendre visible, de réciter parfois ceci et parfois cela. Toutefois, il doit tenir compte des circonstances : s’il fait froid, par exemple, et qu’une longue attente soit pénible pour les gens, il est préférable de réciter Sabbih isma rabbika al-a‘lâ et al-Ghâshiya. Il en va de même s’il fait très chaud. Il en est de même encore pour l’Aïd al-Adhâ, car les gens aiment se hâter afin d’aller immoler leurs bêtes. En revanche, s’il n’y a pas de difficulté particulière, le mieux est qu’il récite tantôt une paire de sourates, tantôt l’autre.

Les sunnas délaissées doivent être ravivées par les étudiants en science religieuse. Mais s’ils craignent que les gens ne les trouvent étranges, qu’ils préparent d’abord les esprits, surtout si l’étudiant en science est jeune, peu écouté, et promptement critiqué. Dans ce cas, il convient de préparer les gens progressivement, afin d’habituer leurs esprits à accepter cette pratique.

  • Puis il s’incline et accomplit deux prosternations.
  • Puis il prononce le takbîr pour se relever vers la deuxième unité.
  • Ensuite, après le takbîr du relèvement pour la deuxième unité, il prononce, avant la récitation, cinq takbîrs.
  • Après avoir terminé les takbîrs supplémentaires dans la seconde unité, l’imam récite la sourate al-Fâtiha, puis la sourate al-Ghâshiya ou la sourate al-Qamar. La sagesse de la récitation de ces deux sourates tient à ce qu’elles contiennent l’évocation de la résurrection, le rappel des générations passées, la destruction des négateurs, ainsi qu’une image du rassemblement des gens le jour de l’Aïd comparable à leur sortie lors de la résurrection, lorsqu’ils surgiront des tombes comme des sauterelles dispersées.
  • Puis il s’incline, accomplit deux prosternations, puis récite le tashahhud, la prière abrahamique, et enfin il salue.
  • Ensuite, l’imam se lève et adresse aux gens, après la prière de l’Aïd, un sermon général. Il se tourne vers eux, tandis qu’ils demeurent assis à leur place, et il prononce son sermon debout. Ce sermon n’est pas obligatoire ; il relève de la Sunna. De même, l’écouter n’est pas obligatoire, selon l’accord des savants. Il est toutefois recommandé de l’écouter, de rester assis pour cela et d’en tirer profit.

Est-il obligatoire d’écouter le sermon après la prière de l’Aïd ?

Il est recommandé à celui qui prie derrière l’imam de l’écouter attentivement et de ne pas partir avant la fin du sermon. Mais s’il souhaite s’en aller après la prière de l’Aïd, il n’y a aucun mal à cela, car le Prophète صلى الله عليه وسلم a laissé le choix à celui qui a assisté à l’Aïd : s’asseoir pour écouter le sermon ou partir s’il le souhaite. Cela tient au fait que le sermon relève de la Sunna ; il n’est pas obligatoire d’y assister ni de l’écouter. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été placé après la prière : puisqu’il n’est pas obligatoire, celui qui veut le délaisser en a la possibilité, contrairement au sermon du vendredi.

Le sermon de l’Aïd comporte-t-il une pause assise au milieu ?

L’avis prépondérant est que le sermon de l’Aïd est un seul sermon, sans position assise au milieu. C’est ce qui est établi du Prophète صلى الله عليه وسلم : le jour du Fitr, il se leva, commença par la prière, puis prononça le sermon. Lorsqu’il eut terminé, il descendit et alla vers les femmes pour les exhorter, tandis qu’il s’appuyait sur la main de Bilâl, et que Bilâl tenait son vêtement étendu afin que les femmes y déposent leurs aumônes.

Or, il est bien connu que le Prophète صلى الله عليه وسلم n’accomplissait la prière de l’Aïd que dans le musallâ, et il n’est pas établi qu’il ait fait apporter une chaire sur ce terrain, ni qu’il soit monté sur quoi que ce soit, si ce n’est sur sa monture. Il apparaît donc que son sermon était prononcé soit sur sa monture, soit debout à même le sol.

Par quoi doit débuter le sermon de l’Aïd ?

L’avis prépondérant est que le sermon de l’Aïd débute par la louange à Allah, et non par le takbîr. En effet, il n’a pas été rapporté du Prophète صلى الله عليه وسلم qu’il ait ouvert un sermon autrement que par la louange à Allah, que ce soit le sermon de l’Aïd, celui de la demande de pluie, ou tout autre sermon. Quant à ce qu’on dit parfois, à savoir que le sermon de la demande de pluie s’ouvrirait par la demande de pardon et celui des deux Aïds par le takbîr, rien de cela n’est établi dans la Sunna du Prophète صلى الله عليه وسلم. Bien au contraire, sa pratique montre que tous les sermons commencent par la louange à Allah.

Quel est le contenu recommandé du sermon de l’Aïd ?

Il convient à l’imam de rappeler aux gens les bienfaits d’Allah envers eux, de les exhorter au repentir sincère, à la crainte d’Allah dans le secret comme au grand jour, à l’abondance des œuvres de bien, à l’attachement au Livre et à la Sunna, et de les mettre en garde contre les innovations. Il convient aussi qu’il adresse aux femmes une exhortation particulière dans le cadre du sermon de l’Aïd, en raison de leur besoin d’un tel rappel et par imitation du Prophète صلى الله عليه وسلم. En effet, lorsqu’il constata que les femmes n’avaient pas bien entendu, il alla vers elles, les exhorta et les encouragea à faire l’aumône.

Depuis quel endroit doit être prononcé le sermon de l’Aïd ?

La Sunna veut que le sermon du jour de l’Aïd soit prononcé depuis un endroit surélevé, car c’est ce qui est établi du Prophète صلى الله عليه وسلم.

Le statut des prières surérogatoires avant et après la prière de l’Aïd

  • L’avis prépondérant est que la prière de l’Aïd n’a pas de prière régulière avant elle ni après elle, car il n’est pas établi du Prophète صلى الله عليه وسلم qu’il ait prié avant la prière de l’Aïd ni après elle.

Le statut de la prière de salutation de la mosquée dans le lieu de la prière de l’Aïd

  • L’avis prépondérant est qu’il n’est pas légiféré d’accomplir la salutation de la mosquée dans le musallâ de l’Aïd, car ce lieu ne porte pas, sous tous ses aspects, le même statut que les mosquées. Et cela d’autant plus qu’aucune prière surérogatoire n’est instituée avant ni après la prière de l’Aïd. En revanche, si la prière de l’Aïd est accomplie dans la mosquée pour une excuse valable, comme la pluie ou autre, alors le musulman doit accomplir deux unités de prière en guise de salutation de la mosquée.

Le statut de l’adhân et de l’iqâma pour la prière de l’Aïd

  • Il n’est pas légiféré pour la prière de l’Aïd de faire l’adhân ni l’iqâma, car rien dans la Sunna ne l’établit. Ce qui est confirmé, c’est que le Prophète صلى الله عليه وسلم commençait le jour de l’Aïd par la prière avant le sermon, sans adhân ni iqâma. De même, la formule « as-salâtu jâmi‘a » n’est appuyée par aucun texte authentique indiquant son caractère légiféré. La Sunna veut donc qu’on ne fasse rien de tout cela.

Le statut du rattrapage de ce qu’on a manqué de la prière de l’Aïd

  • Il est légiféré pour celui qui a manqué une partie de la prière de l’Aïd de la rattraper selon sa forme propre, avec les takbîrs supplémentaires, car le rattrapage reproduit l’accomplissement initial. Ainsi, celui qui a manqué une unité avec l’imam en ajoute une autre.

Le statut de la prière de l’Aïd après la sortie de son temps

Le cas où la prière de l’Aïd est manquée se présente sous trois formes :

Première forme

La prière a bien été accomplie dans son temps, le premier jour, mais certains individus l’ont manquée. L’avis prépondérant est que, si certains individus manquent la prière de l’Aïd avec l’imam, ils ne la rattrapent pas. En effet, c’est une prière instituée sous la forme du rassemblement ; dès lors, si elle est manquée, elle ne se rattrape pas, à l’image de la prière du vendredi. La différence est que, pour la prière du vendredi, on doit accomplir à sa place la prière du dhuhr, car c’est l’obligation liée à ce moment. Quant à la prière de l’Aïd, elle n’a pas de substitut. Si elle est manquée avec l’imam, il n’est donc pas institué de la rattraper.

Deuxième forme

Les gens n’apprennent que trop tard que c’est l’Aïd, par exemple si le croissant a été masqué aux habitants du pays et qu’ils n’en ont eu connaissance qu’après le zénith. Dans ce cas, il est institué de rattraper la prière de l’Aïd le deuxième jour, qu’il s’agisse de l’Aïd al-Fitr ou de l’Aïd al-Adhâ.

Remarque utile

Les prières, quant à leur rattrapage, se divisent en plusieurs catégories :

La première est celle qui se rattrape dans sa forme propre, après disparition de l’empêchement légal. C’est le cas des cinq prières obligatoires. Si tu les as manquées, tu les rattrapes dès que l’empêchement cesse. Si l’empêchement était le sommeil, tu les accomplis dès ton réveil ; s’il s’agissait de l’oubli, tu les accomplis dès que tu t’en souviens.

La deuxième est celle qui ne se rattrape pas telle quelle lorsqu’elle est manquée, comme la prière du vendredi. Si son temps passe avant que les gens ne l’aient accomplie, ils ne la rattrapent pas comme une prière du vendredi, mais l’accomplissent sous forme de dhuhr. De même, si quelqu’un manque la prière du vendredi en congrégation, il ne la rattrape pas comme une prière du vendredi, mais accomplit à sa place le dhuhr.

La troisième est celle qui ne se rattrape pas durant le même jour si son temps a passé, mais uniquement dans son temps correspondant le lendemain. C’est le cas de la prière de l’Aïd : elle ne se rattrape pas dans la journée même, mais dans son temps le lendemain.

La quatrième est celle qui ne se rattrape pas du tout, comme la prière de l’éclipse. Si les gens n’apprennent l’éclipse qu’après sa disparition, ils ne la rattrapent pas. Il en va de même de toute prière liée à une cause particulière : dès lors que sa cause disparaît, elle ne se rattrape pas.

Troisième forme

La prière de l’Aïd est retardée hors de son temps, sans excuse valable. Dans ce cas, si l’on parle de l’Aïd al-Fitr, elle tombe purement et simplement et ne se rattrape pas. En revanche, s’il s’agit de l’Aïd al-Adhâ, il est permis de la retarder jusqu’au troisième jour des jours du sacrifice. Autrement dit, il est valable de la rattraper le deuxième jour, et à défaut le troisième, depuis l’élévation du soleil dans le ciel jusqu’au début du zénith.