La formule de l’Adhān (l’appel à la prière) 

Il est établi que le Prophète  a enseigné plusieurs formules authentiques de l’adhān.
Il est recommandé de les pratiquer toutes, selon les diverses formes rapportées, afin de revivifier la Sunna et d’éviter les querelles et les divergences que peuvent susciter l’ignorance ou le fanatisme d’école. 

Le Shaykh Mohamad Ibn Salih – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : 

« Toute forme d’adhān transmise par la Sunna est valable.
Il est même préférable d’appeler à la prière tantôt de cette manière, tantôt d’une autre, tant que cela ne provoque ni confusion ni discorde. » 

Les différentes formules selon les écoles 

  • Selon l’imām Mālik, l’adhān comporte dix-sept phrases, avec le takbīr (Allāhu akbar) répété deux fois au début, et le tarjīʿ, c’est-à-dire le fait de réciter les deux attestations de foi (ashhadu an lā ilāha illa Allāh, ashhadu anna Muammadan rasūl Allāhd’abord à voix basse, puis à voix haute. 
  • Selon l’imām ash-Shāfiʿī, il comporte dix-neuf phrases, avec le takbīr répété quatre fois au début, également accompagné du tarjīʿ. 

Toutes ces versions sont authentiques et rapportées de la Sunna.
Ainsi, si l’on appelle une fois à la prière selon la version de Mālik et une autre fois selon celle d’ash-Shāfiʿī, cela est préférable.
La règle générale est la suivante : 

« Les actes d’adoration rapportés sous différentes formes doivent être accomplis selon ces diverses formes, afin de réaliser la plénitude de la Sunna. » 

Quant à l’imām Amad et l’imām Abū anīfa, ils estiment que l’adhān comporte quinze phrases, conformément à l’adhān de Bilāl رضي الله عنه. 

Preuve de Mālik et ash-Shāfiʿī 

D’après Abū Madhūra رضي الله عنه, le Prophète  lui enseigna cette formule de l’adhān : 

« Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
J’atteste qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, j’atteste qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah.
J’atteste que Muammad est le Messager d’Allah, j’atteste que Muammad est le Messager d’Allah. (Allāhu akbar, Allāhu akbar, Ashhadu an lā ilāha illa Allāh, ashhadu an lā ilāha illa Allāh, Ashhadu anna Muammadan rasūlullāh, ashhadu anna Muammadan rasūlullāh)
Puis il revient et répète :
J’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah, j’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. J’atteste que Muammad est le Messager d’Allah, j’atteste que Muammad est le Messager d’Allah. (Ashhadu an lā ilāha illa Allāh, ashhadu an lā ilāha illa Allāh,
Ashhadu anna Muammadan rasūlullāh, ashhadu anna Muammadan rasūlullāh,)
Venez à la prière (deux fois), venez au succès (deux fois) (ayya ʿala aṣ-ṣalāh (x2),
ayya ʿala al-falā (x2),

Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
Il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. » (Allāhu akbar, Allāhu akbar,
Lā ilāha illa Allāh.) » 

Ce adīth constitue la preuve de Mālik et d’ash-Shāfiʿī, car il mentionne le takbīr au début sous deux formes : deux fois, comme l’enseigne Mālik, et quatre fois, comme le rapporte ash-Shāfiʿī. 

L’imām an-Nawawī – رحمه الله – commente : 

« Ce adīth apparaît dans la plupart des manuscrits authentiques de Muslim avec le takbīr répété deux fois seulement au début.
Dans d’autres versions, il est rapporté quatre fois : “Allāhu akbar, Allāhu akbar, Allāhu akbar, Allāhu akbar.”
Le qāī ʿIyā – رحمه الله – a noté que dans certaines chaînes du Ṣaī de Muslim, selon la recension d’al-Fārisī, le takbīr apparaît bien quatre fois.
C’est cette forme que retiennent ash-Shāfiʿī, Abū anīfa, Amad et la majorité des savants, tandis que Mālik opte pour la répétition double. » 

Preuve d’Abū anīfa et d’Amad 

D’après ʿAbd Allāh ibn Zayd رضي الله عنه : 

« Lorsque le Messager d’Allah  ordonna de fabriquer une cloche (nāqūs) pour appeler les gens à la prière, je vis en rêve un homme tenant une cloche dans sa main.
Je lui dis : “Ô serviteur d’Allah, vends-tu cette cloche ?”
Il répondit : “Que veux-tu en faire ?”
Je dis : “Nous l’utiliserons pour appeler les gens à la prière.”
Il dit : “Ne veux-tu pas que je t’enseigne quelque chose de meilleur que cela ?”
Je répondis : “Bien sûr.”
Il me dit alors : Tu dis : 

Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
J’atteste qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, j’atteste qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah.
J’atteste que Muammad est le Messager d’Allah, j’atteste que Muammad est le Messager d’Allah.
Venez à la prière, venez à la prière.
Venez au succès, venez au succès.
Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
Il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. 

Phonétique :
Allāhu akbar, Allāhu akbar, Allāhu akbar, Allāhu akbar, Ashhadu an lā ilāha illa Allāh, ashhadu an lā ilāha illa Allāh, Ashhadu anna Muammadan rasūlullāh, ashhadu anna Muammadan rasūlullāh, ayya ʿala aṣ-ṣalāh, ayya ʿala aṣ-ṣalāh, ayya ʿala al-falāayya ʿala al-falā, Allāhu akbar, Allāhu akbar, Lā ilāha illa Allāh. 

Puis il s’éloigna un peu et dit :
“Et lorsque tu veux établir la prière, dis : Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
J’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah.
J’atteste que Muammad est le Messager d’Allah.
Venez à la prière, venez au succès.
La prière est sur le point d’être établie, la prière est sur le point d’être établie.
Allah est le plus Grand, Allah est le plus Grand.
Il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. 

Phonétique :
Wa taqūlu idhā aqamta aṣ-ṣalāh :Allāhu akbar, Allāhu akbar, Ashhadu an lā ilāha illa Allāh, Ashhadu anna Muammadan rasūlullāh, ayya ʿala aṣ-ṣalāh, ayya ʿala al-falā, Qad qāmati aṣ-ṣalāh, qad qāmati aṣ-ṣalāh, Allāhu akbar, Allāhu akbar,Lā ilāha illa Allāh. 

Le lendemain matin, je me rendis auprès du Messager d’Allah  et je l’informai de ce que j’avais vu.
Il dit : “C’est une vision véridique, si Allah le veut.
Lève-toi avec Bilāl et enseigne-lui ce que tu as vu, qu’il appelle ainsi, car il a une voix plus belle que la tienne.”
Je me tins donc à ses côtés et je lui dictai les paroles, et il les proclama.
ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb entendit cela de chez lui, sortit en hâte, entraînant son manteau, et dit :
“Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, ô Messager d’Allah, j’ai vu la même chose que lui !”
Le Prophète  répondit : “Louange à Allah.” »
(Rapporté par Abū Dāwūd, 499 – authentifié par Ibn Khuzayma et Ibn ibbān) 

« La position correcte est celle des gens du adīth et de ceux qui les suivent :
admettre toutes les formes de l’adhān et de l’iqāmah rapportées du Prophète , sans en rejeter aucune.
Leur diversité est semblable à celle des lectures coraniques, des tashahhud et autres invocations.
Nul n’a le droit de blâmer une forme que le Messager d’Allah  a instituée. 

Ceux qui, par excès de zèle, en viennent à se diviser, à se quereller et à s’affronter sur de tels détails autorisés par Allah, tombent dans ce qu’Allah a condamné :
“Ceux qui ont divisé leur religion et se sont faits sectes.” 

La perfection de la Sunna consiste donc à pratiquer tantôt une version, tantôt une autre, ou selon le lieu et la circonstance, afin d’éviter que la répétition exclusive d’une seule forme ne fasse considérer la Sunna comme une innovation ou le recommandé comme une obligation. 

Le tarjīʿ dans l’adhān est l’avis de Mālik et d’ash-Shāfiʿī :
Mālik considère le takbīr répété deux fois, ash-Shāfiʿī quatre fois.
Abū anīfa ne le pratique pas, et Amad estime les deux formes légitimes, bien qu’il préfère celle de Bilāl رضي الله عنه. 

Quant à l’iqāmah, Mālik, ash-Shāfiʿī et Amad préfèrent la réciter une seule fois pour chaque phrase, mais reconnaissent que la répéter deux fois est également une Sunna.
Abū anīfa, ash-Shāfiʿī et Amad penchent pour la répétition, contrairement à Mālik.
Allah est plus savant. »
(Majmūʿ al-Fatāwā, 22/66–69)