Les règles relatives à l’adhān (l’appel à la prière)
L’adhān est l’annonce publique de l’entrée du temps de la prière, faite à l’aide de paroles spécifiques.
Il s’agit d’une sunna fortement recommandée (sunna mu’akkadah) pour les hommes, et certains savants la considèrent comme une obligation communautaire (farḍ kifāyah) pour les cinq prières quotidiennes accomplies à leur heure, ainsi que pour la prière du vendredi.
Cela repose sur la parole du Prophète ﷺ :
« Lorsque vient l’heure de la prière, que l’un de vous appelle à la prière, et que le plus âgé d’entre vous dirige la prière. »
(Rapporté par al-Bukhārī et Muslim)
Les conditions de validité de l’adhān
Pour qu’un adhān soit valide, plusieurs conditions doivent être réunies :
- L’entrée du temps de la prière.
Il n’est pas permis d’appeler à la prière avant l’heure prescrite ; un tel adhān est invalide, et tous les juristes sont unanimes à ce sujet.
Si cela se produit, il doit être répété une fois l’heure entrée.
Une seule exception existe : il est permis de faire l’adhān du fajr (aube) avant l’entrée exacte de son temps, conformément au ḥadīth du Prophète ﷺ :
« Bilāl appelle à la prière durant la nuit ; mangez et buvez jusqu’à ce qu’Ibn Umm Maktūm appelle à son tour. »
(Rapporté par al-Bukhārī et Muslim)
- Qu’il soit prononcé en langue arabe.
Toute autre langue ne saurait remplacer la formulation consacrée par la Sunna.
- Qu’il soit proclamé à voix haute.
De manière à ce qu’au moins une partie des fidèles l’entende.
S’il prie seul, il doit au minimum s’entendre lui-même.
- Le respect de l’ordre et de la continuité entre les phrases.
Les paroles de l’adhān doivent être récitées dans leur ordre légiféré, sans longue interruption entre elles.
- Que le muezzin soit un homme musulman, doué de raison et de discernement.
L’adhān d’un non-musulman, d’un fou, d’un enfant ne discernant pas ou d’une femme n’est pas valable.
Autres règles complémentaires
- L’adhān du pervers (fāsiq) est déconseillé (makrūh), bien que valide.
- L’adhān requiert l’intention (niyyah), car il s’agit d’un acte d’adoration.
- La femme n’a pas à faire l’adhān ni l’iqāmah, selon le consensus.
- La purification rituelle, la position debout, la direction de la qibla ou l’abstention de parler pendant l’adhān ne sont pas des conditions de validité, mais des actes recommandés (mustahabbāt).
- Il est préférable que celui qui appelle à la prière soit aussi celui qui fait l’iqāmah, mais s’ils sont deux personnes différentes, cela reste permis.
- Celui qui rattrape plusieurs prières manquées (fa’itāt) fera l’adhān pour la première d’entre elles et l’iqāmah pour chacune, à l’exemple du Prophète ﷺ le jour du fossé (Yawmu al-Khandaq).
Répondre au muezzin
Il est recommandé à toute personne qui entend l’adhān, à condition qu’il soit prononcé à son heure, de répéter les paroles du muezzin après lui, mot pour mot, sauf pour certaines expressions :
- Lorsque le muezzin dit ḥayya ʿala aṣ-ṣalāh (Venez à la prière) et ḥayya ʿala al-falāḥ (Venez au succès), on répond :
Lā ḥawla wa lā quwwata illā billāh
(Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah).
- Lorsqu’il dit à l’adhān du fajr : aṣ-ṣalātu khayrun mina an-nawm (La prière vaut mieux que le sommeil), on répond :
Ṣadaqta wa baraṛta
(Tu as dit vrai et tu as bien fait).
- Et lorsqu’il dit pendant l’iqāmah : qad qāmati aṣ-ṣalāh (La prière est sur le point d’être établie), on répond :
Aqāmahā Allāhu wa adāmahā
(Qu’Allah la fasse se tenir et la perpétue).
Après le rappel
Une fois le muezzin terminé, il est recommandé de prier sur le Prophète ﷺ puis de demander à Allah la “wasīlah” (le rang éminent qui lui est réservé au Paradis), conformément au ḥadīth authentique :
« Lorsque vous entendez le muezzin, dites comme il dit,
puis priez sur moi, car celui qui prie sur moi une fois, Allah prie sur lui dix fois.
Ensuite, demandez à Allah pour moi la “wasīlah”,
car c’est une place au Paradis qui n’appartient qu’à un seul serviteur d’Allah,
et j’espère être ce serviteur.
Celui qui demande à Allah la wasīlah pour moi,
bénéficiera de mon intercession. »
(Rapporté par Muslim, Abū Dāwūd, at-Tirmidhī et an-Nasā’ī, sauf al-Bukhārī)
Autre invocation recommandée à l’écoute de l’adhān
D’après Saʿd ibn Abī Waqqāṣ رضي الله عنه, le Prophète ﷺ a dit :
« Quiconque, en entendant l’appel à la prière, dit :
وأنا أشهد أن لا إله إلا الله، وحده لا شريك له، وأن محمداً رسول الله،
رضيت بالله ربًّا، وبالإسلام دينًا، وبمحمدٍ رسولًا،
(Et moi aussi, j’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah, unique, sans associé,
et que Muḥammad est le Messager d’Allah.
Je me satisfais d’Allah comme Seigneur, de l’islam comme religion et de Muḥammad ﷺ comme Messager)
il lui sera pardonné ses péchés. »
(Rapporté par Muslim)
Ainsi, l’adhān demeure une adoration éminente, un symbole de l’islam et une marque de la communauté croyante.
Il rappelle la grandeur d’Allah, le lien du serviteur avec son Seigneur, et il résonne comme un appel à la paix, à la discipline et à la soumission.
Celui qui y répond avec le cœur et la langue goûte à la douceur de la foi et à la lumière du rappel.