Les dix meilleurs jours de l’année

Allah a juré par eux dans Son Livre, pour en souligner l’éminente dignité et la grandeur du rang. Il dit, exalté soit-Il : {Par l’aube, et par les dix nuits, et par le pair et l’impair} (al-Fajr, 1-3). Un certain nombre de savants ont dit qu’il s’agit là des dix jours de Dhû al-Hijja.

Allah, glorifié et exalté soit-Il, s’est réservé le pouvoir de créer et de choisir. Il dit :

{Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit ; il ne leur appartient pas de choisir. Gloire à Allah ! Il est bien au-dessus de ce qu’ils Lui associent} (al-Qasas, 68).

Et parmi les manifestations de Sa miséricorde envers Ses serviteurs, il y a le fait qu’Il a établi une hiérarchie entre les temps et les saisons, choisissant parmi eux des moments qu’Il a distingués par un surcroît de mérite et une récompense accrue. Cela est plus à même d’éveiller les élans, de ranimer les résolutions, d’encourager la course vers les bonnes œuvres et l’exposition aux souffles de la miséricorde divine. Parmi ces temps d’exception figurent les dix jours de Dhû al-Hijja, que des mérites et des particularités nombreuses viennent distinguer.

Allah a juré par eux dans Son Livre, pour en souligner l’éminente dignité et la grandeur du rang. Il dit, exalté soit-Il :

{Par l’aube, et par les dix nuits, et par le pair et l’impair} (al-Fajr, 1-3). Un certain nombre de savants ont dit qu’il s’agit là des dix jours de Dhû al-Hijja.

Le Prophète صلى الله عليه وسلم a lui aussi attesté qu’ils comptent parmi les jours les plus grands de ce monde, et que les œuvres pieuses qui y sont accomplies sont supérieures à celles que l’on accomplit en tout autre temps. Dans le hadith d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما, le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Il n’est pas de jours durant lesquels les œuvres pieuses soient plus aimées d’Allah que durant ces dix jours. » Ils dirent : « Pas même le combat dans le sentier d’Allah, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Pas même le combat dans le sentier d’Allah, sauf pour un homme qui est parti avec sa personne et ses biens, puis n’est revenu avec rien de tout cela. » Rapporté par al-Tirmidhî, et son fondement se trouve chez al-Bukhârî. Dans le hadith d’Ibn ‘Umar, on lit encore : « Il n’est pas de jours plus grands auprès d’Allah, ni durant lesquels les œuvres Lui soient plus aimées que ces dix jours. Multipliez donc en eux le tahlîl, le takbîr et le taḥmîd. » Rapporté par Aḥmad.

Parmi eux se trouve le jour de ‘Arafa, au sujet duquel le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit, selon le hadith de ‘Â’isha رضي الله عنها : « Il n’est pas de jour durant lequel Allah affranchisse plus de serviteurs du Feu que le jour de ‘Arafa. Il se rapproche alors, puis Se glorifie d’eux auprès des anges en disant : “Que veulent donc ceux-là ?” » Rapporté par Muslim. C’est le jour du pardon des péchés, et son jeûne expie deux années.

Ils renferment également le jour du Sacrifice, qui est le plus grand des jours auprès d’Allah. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Les plus grands jours auprès d’Allah le Très-Haut sont le jour du Sacrifice, puis le jour du Qarr. » Rapporté par Abû Dâwûd. Le jour du Qarr est le jour qui suit celui du Sacrifice, c’est-à-dire le onzième jour de Dhû al-Hijja, parce que les gens s’y installent à Minâ après avoir achevé le tawâf al-ifâda et le sacrifice, et après s’être reposés.

Si les dix jours de Dhû al-Hijja ont obtenu un tel rang et une telle considération, c’est parce qu’y sont réunies les principales formes d’adoration : la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage, chose qui ne se trouve pas réunie en d’autres temps.

Les savants se sont exprimés sur la question de savoir si ces dix jours sont supérieurs aux dix dernières nuits de Ramadan. L’une des plus belles manières de concilier les textes consiste dans l’avis de certains vérificateurs, selon lesquels les jours des dix de Dhû al-Hijja sont meilleurs que les jours des dix dernières de Ramadan, tandis que les nuits des dix dernières de Ramadan sont meilleures que les nuits des dix de Dhû al-Hijja. Ainsi s’accordent les textes qui établissent le mérite de chacune de ces périodes. Les nuits des dix dernières de Ramadan doivent en effet leur supériorité à la Nuit du Destin, qui est une nuit, tandis que les dix de Dhû al-Hijja doivent leur excellence à leurs jours, puisqu’ils renferment le jour du Sacrifice, le jour de ‘Arafa et le jour de Tarwiya.

Il est, durant ces dix jours, des œuvres pieuses que les textes ont spécialement recommandées, en exhortant à les accomplir et en encourageant à les multiplier. Parmi les plus importantes figurent le repentir sincère et le retour vers Allah, l’attachement à Son obéissance et l’éloignement de tout ce qui contredit Ses ordres et Ses interdictions, conformément aux conditions du repentir connues des savants. Allah l’a ordonné à Ses serviteurs croyants lorsqu’Il dit :

{Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous réussissiez} (an-Nûr, 31).

Le croyant ne saurait s’en passer, en aucun temps ni en aucune circonstance.

Parmi les œuvres propres à ces dix jours figure aussi le pèlerinage vers la Maison sacrée d’Allah. Il est bien connu que ces jours coïncident avec l’accomplissement du ḥajj, lequel est l’une des plus grandes œuvres de piété. Le Prophète صلى الله عليه وسلم, interrogé sur l’œuvre la meilleure, répondit : « La foi en Allah et en Son Messager. » On lui dit : « Puis quoi encore ? » Il répondit : « Le combat dans le sentier d’Allah. » On lui dit : « Puis quoi encore ? » Il répondit : « Un pèlerinage agréé. » Hadith unanimement reconnu authentique. Il convient donc au musulman, s’il dispose de moyens financiers suffisants et d’une santé qui le lui permet, de s’empresser d’accomplir cette immense obligation, afin d’obtenir une récompense abondante. Il n’est pas d’œuvre meilleure à accomplir durant ces jours bénis.

Parmi les plus grandes œuvres par lesquelles on se rapproche d’Allah pendant ces dix jours, il y a le fait de préserver les obligations religieuses et de les accomplir comme la Loi l’exige, en les perfectionnant, en les soignant, en les menant à leur terme, tout en observant leurs sunnas et leurs bienséances. C’est là ce à quoi le serviteur doit donner la priorité, avant de multiplier les œuvres surérogatoires et recommandées. Dans le hadith qudsî rapporté par Abû Hurayra, Allah dit : « Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par une chose que J’aime davantage que ce que Je lui ai rendu obligatoire… » Rapporté par al-Bukhârî.

Une fois les obligations convenablement accomplies et les devoirs observés avec constance, il convient au serviteur de multiplier les œuvres surérogatoires et recommandées, en tirant parti de la noblesse de ce temps. Qu’il augmente ce qu’il faisait déjà en dehors de ces dix jours, et qu’il accomplisse aussi ce qu’il ne lui était pas possible d’accomplir à d’autres moments. Qu’il veille à peupler son temps par l’obéissance à Allah, à travers la prière, la lecture du Coran, l’invocation, l’aumône, la bonté envers les parents, l’entretien des liens de parenté, l’ordonnance du bien et l’interdiction du blâmable, la bienfaisance envers les gens, l’acquittement des droits, et toutes les autres portes du bien, innombrables par nature.

Parmi les œuvres auxquelles les textes ont spécialement appelé figure l’abondance du rappel d’Allah en général, et du takbîr en particulier, conformément à la parole du Très-Haut :

{Afin qu’ils assistent aux bienfaits qui leur sont accordés et qu’ils mentionnent le nom d’Allah à des jours déterminés sur les bêtes de cheptel qu’Il leur a attribuées} (al-Ḥajj, 28).

La majorité des savants est d’avis que les « jours déterminés » visés par ce verset sont les dix jours de Dhû al-Hijja. Il en va de même du hadith d’Ibn ‘Umar déjà mentionné : « Multipliez donc en eux le tahlîl, le takbîr et le taḥmîd. » Rapporté par Aḥmad.

Il est recommandé de faire entendre le takbîr absolu dès le premier jour de Dhû al-Hijja, dans les mosquées, les maisons, les rues, les marchés et ailleurs. Les hommes le prononcent à voix haute, tandis que les femmes le disent à voix basse, afin de manifester la grandeur d’Allah. Cela se poursuit jusqu’à l’après-midi du dernier jour des jours de tashrîq. Cette pratique fait partie des sunnas délaissées qu’il convient de faire revivre en ces jours. Il est établi qu’Ibn ‘Umar et Abû Hurayra sortaient au marché pendant les dix jours, prononçaient le takbîr, et les gens reprenaient le takbîr à leur suite.

Quant au takbîr particulier, celui qui se dit à la suite des prières obligatoires, il commence à l’aube du jour de ‘Arafa et se prolonge jusqu’à l’après-midi du dernier jour des jours de tashrîq, conformément à la parole d’Allah :

{Et invoquez Allah pendant des jours comptés} (al-Baqara, 203),

ainsi qu’à la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : « Les jours de tashrîq sont des jours de nourriture, de boisson et de rappel d’Allah. » Rapporté par Muslim.

Parmi les œuvres particulièrement recommandées durant ces jours figure aussi le jeûne. Outre qu’il entre dans la généralité des œuvres pieuses, des textes particuliers l’ont aussi mentionné. Ḥafṣa رضي الله عنها a dit : « Il y a quatre choses que le Prophète صلى الله عليه وسلم ne délaissait pas : le jeûne de ‘Âshûrâ’, les dix jours, trois jours de chaque mois, et les deux unités de prière avant l’aube. » Rapporté par Abû Dâwûd et d’autres. Ce qui est visé ici, c’est le jeûne des neuf premiers jours, puisqu’il est interdit de jeûner le jour de l’Aïd. L’imam al-Nawawî a dit à propos des dix de Dhû al-Hijja : « Leur jeûne est vivement recommandé. » Le plus insistant de tous est le jeûne du jour de ‘Arafa pour celui qui n’accomplit pas le pèlerinage. Il est en effet établi, d’après Abû Qatâda رضي الله عنه, que le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم, interrogé sur le jeûne du jour de ‘Arafa, répondit : « Il expie l’année écoulée et l’année à venir. » Rapporté par Muslim.

Parmi les œuvres à accomplir également, il y a l’offrande sacrificielle, qui constitue une sunna fortement recommandée pour celui qui en a les moyens. Certains savants sont même allés jusqu’à en soutenir le caractère obligatoire. Le Prophète صلى الله عليه وسلم l’a observée avec constance.

Telles sont les principales œuvres pieuses auxquelles le musulman doit veiller durant ces jours. Mais le champ des bonnes actions est bien plus vaste encore que ce qui vient d’être mentionné. Les portes du bien sont nombreuses et ne sauraient être limitées. La notion même d’œuvre pieuse est large et englobante ; elle comprend tout ce qu’Allah aime et agrée parmi les paroles et les actes, apparents ou intérieurs. Il convient donc à celui qu’Allah a favorisé de reconnaître le mérite de ces jours et d’en mesurer la valeur, afin de s’y appliquer avec sérieux, en essayant autant que possible d’alléger les occupations du bas monde et les distractions qui détournent du bien. Car ce ne sont que des heures et des instants, si prompts à s’évanouir et à disparaître. Heureux celui à qui il est accordé, durant ces jours, de belles paroles et de bonnes œuvres.

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